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Marché « Yapp » de Rufisque/ la fièvre hémorragique Crimée-Congo: Les bouchers et vendeurs de Viandes étalent leurs inquiétudes.

 

Il est 11heures passées de quelques minutes au marché central de Rufisque. Ici il y a grand hangar spécialement pour les vendeurs de viandes prévenant de l’abattoir de Rufisque situé au Cap des Biches. A cette heure de la journée où les clients prennent d’assaut les lieux à la recherche de viande pour préparer un bon repas à la maison ou acheter de la viande pour approvisionner les restaurants, les dibiteries, les vendeurs ne savent plus  où se donner la tête. C’est le  cas de Babacar Thioune, très réputé dans ce milieu. Pour attirer son attention on a dû patienter trente bonnes minutes, le temps qu’il signe des bons d’achat. Interrogé sur cette maladie qui a fait déjà le mort d’un boucher à Guédiawaye, il répond « Je l’ai entendu à la radio comme tout le monde. Mais je ne m’inquiète pas pour autant. Je suis dans le milieu depuis 35 ans et ce n’est pas la première fois qu’on nous parle de cette maladie qui est aussi mystérieuse que le coronavirus. On attend des cas. Mais jamais, on a un membre de notre famille ou un proche soit malade ou mort à cause de cette maladie », a –t- il souligné en affilant ses gants de travail pour couper en petite morceaux une poitrine de bœuf. Selon, « Au lendemain de l’annonce du boucher qui est mort à l’hôpital Dalal Diam et les reportages qui ont été diffusés dans les radios et télévision du pays, certains de mes clients, surtout les femmes avaient peurs. Elles venaient me poser des tonnes de questions. Elles avaient peur d’acheter de la viande contaminée. Mais comme que moi, je supervisionne   moi-même l’abattage de mes bœufs avec l’aide des techniciens du service départemental de l’élevage je m’assure que les choses se déroulent normalement. Comme  que cette maladie tue, moi je préfère prendre des précautions. Je ne veux pas avoir la mort d’un homme sur la conscience. Je ferai tout ce que les autorités me diront de faire », a –t- il laissé entendre. Un peu plus dans le même hangar, Latif Sow  est un vendeur d’abats de bœuf et de mouton. Mais il travaille aussi comme boucher chaque soir à l’abattoir de Rufisque. «  On a eu la visite de certains techniciens qui nous ont expliqué le situation. D’après l’explication c’est une maladie qui se transmet de l’animal à l’homme. J’ai entendu aussi à la radio que  nous les bouchers nous sommes exposés car nous sommes en contact direct avec les animaux, leurs sangs. Je suis un peu inquiet car à l’abattoir, les conditions ne sont pas réunies pour faire face .On manque de matériel de prévention et on se blesse souvent. Alors si  la transmission se fait  par le maniement de la viande, on est tous en danger. Qui vous dit que je ne suis pas déjà malade car j’ai travaillé toute la nuit d’hier et j’ai abattu plus de dix bœuf. D’après la radio on ne peut pas la différencier du paludisme sur le plan des symptômes. C’est très inquiétant car l’Etat n’en parle pas. On suit juste les rumeurs. Mais j’espère qu’une solution soit trouvée dans les plus brefs délais et qu’un autre cas ne se déclare pas », a affirmé ce jeune vendeur au marché « Yapp » de Rufisque.

Anta Diamé

Anta Diamé                                         

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