
Le scandale des classes jamais achevées, mal construites, inachevées ou délabrées dès la prochaine rentrée, et jamais réceptionnées n’a que trop duré. Qu’on ne le parle pas de la direction des constructions scolaires (DCS), on a l’impression qu’elle orchestre la gabegie de mèche avec les entrepreneurs et les tâcherons. On sait que seules les classes construites par la JICA (agence japonaise de coopération) le sont dans les règles de l’art. Les nippons sont rigoureux, contrôlent tout au millimètre près et exigent des entreprises sénégalaises un travail de perfection. On l’a vu avec la construction du CRFPE de Fatick (à l’époque j’étais de le directeur), école de formation des personnels de l’éducation, très bien construite au point que l’Université du Sine Saloum voulait y installer ses quartiers. Je soutiens que l’APIX (agence des grands travaux d’utilité publique logée à la présidence) peut et doit prendre la relève de l’exécution et du contrôle de la construction de toutes les infrastructures scolaires y compris les chantiers des universités. La rigueur du contrôle, les normes élevées de conception, d’exécution et de vérification vont assurer à notre système éducatif des infrastructures de qualité, durables et pérennes. Tout le tintamarre fait par l’ancien régime sur le remplacement des abris provisoires a donné comme premiers résultats des classes mal achevées, inachevées ou délabrées dès l’année suivant leur finition et jamais réceptionnées. Je me souviens que quand j’étais IEF à Kanel un tâcheron bien protégé m’avait dit que je ne pourrais rien contre lui, que tôt ou tard je prendrais mon cartable pour quitter. Je n’ai jamais accepté de signer un PV de réception pour une quelconque classe mal construite ou inachevée – et d’ailleurs en 10 ans d’exercice comme IEF je n’ai jamais signé de PV de reception. Je maintiens que la direction des constructions scolaires (DCS) sait parfaitement ce qui se passe sur le terrain et n’a jamais pris de mesure pour y mettre un terme. Elle n’a jamais répondu aux alertes en aval. J’espère que les choses vont positivement changer si ces chantiers sont confiés à l’APIX avec sûrement une information de proximité de l’exécutif qui saurait alors ce qui se fait sur le terrain et jusqu’à quel point c’est bien fait. Les autoroutes sont bien construites, les classes doivent l’être car c’est par elles que sont passés nos ingénieurs.
Serigne Ibra Ndiaye ancien inspecteur de l’éducation
