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Contribution : Halte à l’enfumage ! (Amadou Mbengue,PIT)

Dans un contexte économique et social tendu, marqué par des inégalités croissantes et une forte pression sur les ménages, il est urgent d’adopter des mesures réalistes et cohérentes pour répondre aux besoins des citoyens, en particulier des jeunes. Trop souvent, les politiques publiques s’enlisent dans des promesses vagues ou des mesures superficielles, laissant une impression d' »enfumage » dans l’esprit des populations. Pour aller au-delà de cette perception, voici des clés d’une politique crédible et inclusive.

Face à la demande d’emploi des jeunes, il devient impératif de cesser les discours stériles et de passer à l’action. Avec un taux de chômage des jeunes en constante hausse, le développement d’un véritable écosystème entrepreneurial, soutenu par des incitations fiscales et des financements adaptés, pourrait transformer des idées en entreprises viables. À cet égard, le modèle rwandais, où les jeunes sont formés aux métiers du numérique et accompagnés dans leurs projets, constitue une source d’inspiration. Parallèlement, la réhabilitation de la formation professionnelle, alignée sur les besoins du marché dans des secteurs clés comme l’agriculture et l’industrie, est essentielle. Comme le disait John F. Kennedy : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. » En offrant aux jeunes les outils nécessaires, ils deviendront les moteurs du changement.

S’agissant de l’industrialisation et de l’agriculture, leur développement ne peut plus être laissé au hasard. Une politique ambitieuse et structurée, soutenue par des investissements dans les infrastructures, l’innovation et la recherche, s’impose. Prenons l’exemple du Brésil, où l’agriculture, appuyée par des coopératives et des politiques de modernisation, a fait du pays un géant agricole mondial. Chez nous, bien que les terres arables soient disponibles, leur exploitation reste inefficace. Il est impératif de moderniser les techniques, d’investir dans l’irrigation et de favoriser l’accès des petits exploitants aux marchés. Une telle approche pourrait réduire la dépendance aux importations alimentaires et stabiliser les prix.

Mais au-delà des réformes sectorielles, il faut également repenser la fiscalité. Trop d’impôts étouffent l’économie et découragent les initiatives. Comme l’avait souligné Arthur Laffer, une pression fiscale excessive finit par réduire les recettes fiscales à long terme en freinant la croissance. Une réforme fiscale devient donc urgente pour alléger le fardeau pesant sur les entreprises et les ménages, tout en améliorant l’efficacité des dépenses publiques. L’exemple de l’Irlande, avec sa fiscalité attractive qui a su attirer des investisseurs internationaux, montre la voie. En réorganisant son système fiscal, le Sénégal pourrait favoriser l’épanouissement des PME et encourager la formalisation de l’économie informelle.

Dans ce contexte, il convient également de souligner l’importance d’une justice impartiale et indépendante. L’affaire Farba Ngom, qui suscite beaucoup d’émotions, doit être traitée sans qu’elle devienne un prétexte à des règlements de comptes politiques. Le respect des procédures judiciaires et la transparence sont essentiels pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

Enfin, face à la cherté de la vie, des mesures concrètes doivent être prises pour alléger le poids sur les familles. La flambée des prix des denrées alimentaires, des carburants et des services de base exige une réponse immédiate. Subventionner les produits de première nécessité ou mettre en place des circuits courts pour limiter les intermédiaires et réduire les coûts sont des pistes à explorer. L’exemple marocain, où des programmes de soutien direct aux ménages les plus vulnérables ont été instaurés, prouve qu’une action efficace est possible, à condition de faire preuve de volonté politique et de gestion rigoureuse des ressources.

Il est temps d’agir. La jeunesse attend des opportunités réelles, l’économie a besoin d’un souffle nouveau, et les populations, fatiguées par la cherté de la vie, réclament des réponses concrètes. L’enfumage ne fera que creuser davantage le fossé entre les dirigeants et les citoyens. Inspirons-nous des réussites ailleurs pour bâtir un avenir durable et équitable pour tous.

Amadou Mbengue, dit Vieux Mbengue, secrétaire chargé des élections de la coordination de Rufisque et membre du bureau politique du PIT/Sénégal.

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