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Éducation : recrutement partisan à éviter à tout prix ! ( Amadou Mbengue, PIT/Rufisque)

Le recrutement annoncé de 2 000 enseignants pour combler le déficit dans nos écoles est une initiative louable. Il témoigne de la volonté de renforcer lesystème éducatif sénégalais et d’offrir à chaque enfant du pays une chance de se former.

Cependant, pour que cet effort soit réellement bénéfique, il est impératif d’en écarter toute forme de favoritisme ou d’esprit partisan. En effet, vicier ce processus pour des raisons politiques ou d’intérêt personnel risquerait de compromettre la qualité de l’éducation, c’est-à-dire d’assombrir l’avenir de notre pays.

Précisément parce que l’éducation est et doit rester un pilier fondamental du développement de notre nation. Elle ne peut être portée que par des acteurs compétents, motivés, rigoureusement sélectionnés. Autrement dit, confier nos enfants à des enseignants recrutés sur des critères autres que leur mérite et leur compétence reviendrait à sacrifier leur avenir, celui du Sénégal. Nelson Mandela ne disait-il pas que « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » ? Une arme qui devient inefficace, voire dangereuse, lorsqu’elle est manipulée par des mains inexpertes ou peu conscientes de leurs responsabilités.

L’histoire récente nous offre des exemples édifiants qui illustrent les conséquences néfastes des recrutements biaisés dans le secteur de l’éducation. Le rapport du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC) met par exemple en évidence les lacunes majeures dans les compétences pédagogiques de nombreux enseignants en Afrique subsaharienne. Des failles qui ne sont pas uniquement le résultat d’un manque de formation initiale, mais qui trouvent souvent leurs origines dans des recrutements bâclés et influencés par des considérations non professionnelles. De sorte que dans plusieurs pays, les enfants obtiennent des résultats médiocres parce qu’ils sont encadrés par des enseignants eux-mêmes insuffisamment formés ou mal sélectionnés…

Pour garantir une éducation de qualité, le processus de recrutement des enseignants doit donc impérativement reposer sur des critères objectifs, équitables et transparents. En l’occurrence, un concours national rigoureux devrait être organisé, ouvert exclusivement aux candidats remplissant les conditions académiques exigées.  Une évaluation des compétences pédagogiques, incluant des tests écrits et des simulations pratiques, permettrait d’identifier les profils réellement capables de répondre aux exigences de la mission. Enfin, il serait judicieux de prioriser les candidats déjà formés et inscrits sur les listes d’attente du CREM ou de la FASTEF, afin de mobiliser des ressources humaines prêtes à l’emploi et formées aux réalités du terrain.

Il nous faut insister là-dessus : un recrutement partisan aurait des conséquences dévastatrices, non seulement pour le secteur éducatif, mais également pour la cohésion sociale et la confiance des citoyens envers l’État. Car comment justifier auprès d’un enseignant diplômé, compétent et motivé son évitement au profit d’un individu moins qualifié bénéficiant seulement d’appuis politiques ou personnels ? Une telle injustice ne pourrait qu’alimenter la frustration et renforcer la méfiance des citoyens dans un contexte où le pays aspire à plus de justice sociale et d’équité.

Il nous semble aussi essentiel de rappeler que l’enseignement ne se limite pas à la seule transmissionde connaissances. Il suppose un minimum de vocationcar s’agissant d’une mission exigeante qui nécessite un engagement profond envers les élèves. A cet égard, un processus de recrutement biaisé risque de faire émerger des enseignants uniquement motivés par le gainfinancier, donc sans réel dévouement pour leur mission. Rappelons ces paroles anciennes mais toujours actuelles de Socrate : « L’éducation n’est pas un remplissage de vase, mais l’allumage d’un feu. » Ce feu ne peut être allumé que par des enseignants passionnés et compétents, prêts à révéler le potentiel de chaque élève.

Le Ministre de l’Education a, en cette période charnièreune opportunité historique pour instaurer des pratiques exemplaires dans le secteur de l’éducation. Il est de saresponsabilité d’inscrire ce processus de recrutement dans un cadre reposant uniquement sur l’excellence et le mérite, loin de toute influence partisane. L’avenir de notre jeunesse et, par extension, celui de notre pays, en dépend. Il doit en conséquence prendre des mesures courageuses pour faire de sorte que ce recrutement serve réellement les intérêts de l’éducation nationale,ceux des générations futures.

Amadou Mbengue dit Vieux, membre du Bureau Politique du PIT/ Sénégal, Secrétaire chargé des élections de la Coordination de Rufisque.

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