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Où va le Sénégal ? Les inquiétudes du PIT-Sénégal qui prédit un avenir sombre !

Dix mois après l’avènement de la troisième alternance démocratique, l’analyse du contexte national aux plans politique, économique, social et culturel suscite, du côté du PIT-Sénégal et de nombreux secteurs du pays, de profondes inquiétudes. De plus en plus, une question se pose légitimement : où va le Sénégal ?

En effet, en dépit des promesses de lendemains meilleurs répétées à l’envi, de l’adoption de « l’Agenda national de Transformation Sénégal Vision 2050 » et de sa déclinaison quinquennale, le « Programme d’Actions gouvernemental 2025-2029 », il est regrettable de constater la stagnation, voire le recul, dans divers domaines de la vie nationale. Entre autres, il est possible de mentionner :

  • La flambée persistante et aggravée des prix des denrées et services de première nécessité, mettant à rude épreuve les conditions de vie de l’écrasante majorité de la population ;
  • De nombreuses entreprises de production et de services accablées par une fiscalité alourdie et confrontées à des mesures administratives abusives voire arbitraires, notamment dans les secteurs des BTP, de la presse, de la boulangerie, se retrouvent dans de graves crises ;
  • L’expansion du chômage par des licenciements abusifs aussi bien dans le secteur privé que – paradoxalement – dans la fonction publique. Des milliers de jeunes, recrutés sous contrats dans des ministères dans le cadre de l’opération « Xeyu ndawyi », sont brutalement mis au chômage. Du reste, la persistance de ces licenciements a conduit la Coalition des Confédérations Syndicales du Sénégal (CCSS) à appeler à la mobilisation des travailleurs pour une riposte vigoureuse face aux agressions de l’État et du patronat ;
  • Dans le monde rural, la chute de la production arachidière qui est l’une des principales sources de revenus des paysans, ainsi que les conditions de sa commercialisation, plongent ces derniers dans des difficultés inextricables ;
  • Sur le plan politique, la démocratie et l’État de droit sont malmenés avec des atteintes inacceptables aux libertés fondamentales telles que la liberté d’expression et le droit d’organiser des manifestations pacifiques. Les multiples emprisonnements pour délit d’opinion au cours des derniers mois illustrent très nettement l’instrumentalisation de la justice.

À tout cela s’ajoute la faible ouverture du Gouvernement au dialogue avec les forces vives de la nation, illustrée par la suppression du Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) et du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), jadis cadres privilégiés de concertation des différentes catégories socio-professionnelles avec le gouvernement, les élus locaux ou la société civile. Sans oublier l’inacceptable exclusion volontaire et prolongée des confédérations syndicales de travailleurs du débat national alors qu’elles représentent une composante essentielle des forces vives de la nation.

Par ailleurs, les effets d’un souverainisme mal assumé et brouillon conduisent lentement mais sûrement le Sénégal à la détérioration de ses relations de coopération économique avec certains pays et institutions multilatérales. Or, la bonne intelligence de notre niveau actuel de développement économique, social et culturel nous impose des partenariats extérieurs, dans le même temps que nous œuvrons à renforcer notre indépendance économique dans une séquence historique et un contexte marqués par une mondialisation sans quartier.

De surcroît, la cohésion nationale et sociale est mise à mal par l’instauration d’un climat d’intolérance, de haine, de revanche et de discrimination envers les adversaires politiques du parti PASTEF. De nombreux militants, y compris de hauts responsables dans leur camp, contestent au Président de la République son pouvoir discrétionnaire de nomination aux postes de responsabilité dans la fonction publique, reflétant ainsi des velléités de patrimonialisation de l’État par le parti PASTEF. Le PIT-Sénégal condamne fermement ces dérives anti-républicaines et encourage le Président de la République à exercer pleinement ses pouvoirs constitutionnels dans le respect des normes républicaines.

En définitive, la crispation politique et l’atmosphère délétère alimentées par ces facteurs conjugués créent un climat d’incertitude, peu propice à rassurer les investisseurs étrangers ou nationaux dont notre économie a grandement besoin. Le tout s’inscrit dans le contexte d’une grave crise structurelle des finances publiques, reconnue publiquement par le Président de la République lors de la première Conférence des Administrateurs et Managers publics le 20 Janvier 2025, admettant que « les marges de manœuvre budgétaires et financières n’existent quasiment plus ». Les restrictions budgétaires symboliques, telles que la limitation des missions à l’étranger avec celle de leurs frais (pour les ministres, hauts fonctionnaires et directeurs d’agences de l’État ou assimilés) ou l’interdiction ridicule des machines à café dans les bureaux, sont à l’évidence loin de suffire pour financer un « PROJET » exigeant la mobilisation de 14.648 milliards de francs CFA pour son premier volet.

Il est impératif de prendre des mesures structurelles plus significatives, de l’ordre d’une véritable réduction du train de vie de l’État avec, entre autres, la suppression des agences redondantes, simples instruments de clientélisme politique. Il doit être possible de réorienter les travailleurs de ces agences dans des secteurs où ils sont à la fois utiles et mieux à même de contribuer à une gestion sobre et vertueuse des ressources publiques.

Par-delà, et pour le PIT-Sénégal, l’intérêt national exige que le Président de la République apaise le climat politique et social par des mesures rassurantes, sans préjudice pour la reddition des comptes qui ne doit pas dégénérer en « chasse aux sorcières ». Il est temps de rompre avec le populisme mystificateur et de créer des conditions favorables à la résolution des problèmes cruciaux du peuple sénégalais.

Le Parti de l’Indépendance et du Travail appelle toutes les forces attachées à la démocratie, à la paix civile et à une politique orientée vers la résolution des problèmes des Sénégalaises et des Sénégalais, en particulier de la jeunesse désorientée face à des lendemains incertains, à s’organiser pour préserver les acquis démocratiques en demeurant à l’écoute des préoccupations des travailleurs confrontés aux fermetures d’entreprises et aux violations de leurs droits.

Telle est la voie pour éviter à notre pays de sombrer dans le chaos.

Dakar, 6 février 2025

Le Secrétariat du Comité Central

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