
Dans une lettre ouverte adressée à chef chef l’Etat, Amadou Malang DIATTA Professeur de Mathématiques et des Sciences de la Vie et de la Terre, écrivain, poète, est revenu sur l’urgence d’une étude d’impact environnemental pour le barrage d’Affiniam. Selon l’auteur de ladite missive, un citoyen concerné par le devenir de notre pays et plus particulièrement par le projet du barrage d’Affiniam, situé sur le marigot de Bignona au sud du Sénégal, « Ce projet d’une telle envergure, dont l’idée remonte à plus de quarante (40) ans, est un symbole de l’ambition du Sénégal en matière d’aménagement du territoire et de gestion des ressources en eau.Cependant, force est de constater qu’à ce jour, aucune étude d’impact environnemental rigoureuse n’a été menée pour évaluer les répercutions que pourraient avoir la construction et l’aménagement de ce barrage sur l’écosystème, les communautés vivant autour de la zone, ainsi que sur la faune et la flore qui en dépendent », a – t- il souligné. A l’en croire, il est à noter que ces répercutions marquantes, à savoir la disparition de la mangrove et de beaucoup d’autres espèces végétales et animales, les rizières devenues impropres à la culture du riz du fait de la forte teneur en sel et de l’ensablement, la baisse drastique de la production agricole, forestière et de la qualité de l’eau, l’exode rural, les maladies, ont fini par rendre l’existence des riverains ardue pendant toutes ces décennies.Cette situation a fini par soulever des interrogations légitimes parmi les populations locales et toutes les parties prenantes de ce projet crucial pour la Casamance en particulier et notre pays en général. »En effet, avant tout éventuel aménagement ou développement ultérieur du barrage d’Affiniam, il est primordial de procéder à une étude d’impact environnemental approfondie. L’objectif de cette étude serait de mieux comprendre les conséquences de ce projet sur les écosystèmes locaux, la biodiversité, ainsi que sur la vie quotidienne des populations riveraines, qui dépendent de ces ressources naturelles pour leur subsistance. Une subsistance, d’ailleurs, devenue précaire des suites de cette catastrophe écologique sans précédent durant ces longues années d’attente. L’absence d’une telle étude, au fil des années, a alimenté des préoccupations sur les risques potentiels que ce projet pourrait engendrer dans le long terme. Des questions fondamentales se posent sur les impacts du barrage sur la qualité de l’eau, l’agriculture, la pêche, les modes de vie traditionnels et la santé des communautés locales. L’absence d’évaluation préalable de ces effets constitue un manquement qui pourrait, à terme, compromettre l’efficacité et la pérennité de cette infrastructure », a ajouté ce dernier.

S’adressant toujours au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, il déclare, » Monsieur le Président de la République, vous qui avez toujours montré un grand intérêt pour les questions liées au développement durable, à la souveraineté alimentaire et à la protection de l’environnement, il est impératif de placer ce projet sous un éclairage scientifique rigoureux de concert avec les populations locales, les experts et tous les acteurs concernés, avant de procéder à toute phase d’aménagement éventuel ou de développement. Une étude d’impact environnemental permettra d’identifier les risques potentiels, en plus de ceux déjà existants, et de proposer des solutions pour les atténuer, voire les éviter, afin que ce projet serve véritablement les intérêts du Sénégal sans compromettre l’équilibre écologique.Je vous demande donc solennellement, au nom des populations locales et de toutes les parties concernées, de bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour engager cette étude dans les plus brefs délais. Cette démarche permettra non seulement de garantir un développement harmonieux et respectueux des enjeux environnementaux, sociaux et économiques, mais encore de renforcer la confiance des citoyens dans les politiques publiques. Je reste persuadé que sous votre leadership éclairé, ce projet pourra être conduit dans le respect des principes de durabilité et de justice sociale, en veillant à préserver les ressources naturelles pour les futures générations », a insisté ce dernier .
