
En marge de la cérémonie de remise de matériel numérique à Ziguinchor, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a tenu à livrer une déclaration d’une rare intensité, recentrant le débat éducatif sur des enjeux de souveraineté, d’identité et de transformation sociale en profondeur.
« Nous avons été investis par le Chef de l’État d’une mission claire : celle d’une réforme profonde », a-t-il affirmé d’entrée. Une réforme, selon lui, qui ne saurait être accessoire ni différée. « Nous ne pouvons pas poser sur la table la grande question de la souveraineté sans d’abord assurer cette souveraineté à l’école », a martelé le ministre.

Ce positionnement marque une rupture nette avec les réformes purement structurelles ou techniques du passé. Il s’agit ici d’un appel à la décolonisation intellectuelle du système éducatif : « Nous avons besoin d’une décolonisation de notre école, de nos programmes, de nos contenus, de notre manière de former, d’apprendre, de penser. »
Ce processus de transformation, selon Moustapha Guirassy, doit s’ancrer dès les premières années : « C’est un grand mouvement de transformation qui est en marche. Et ce mouvement se joue, avant tout, entre 0 et 14 ans. » C’est dans cette optique qu’il a introduit la notion de « société éducative », une démarche inclusive où chaque citoyen est appelé à jouer un rôle dans la construction d’une école qui reflète les réalités, les ambitions et les valeurs du pays.

« Mobilisez-vous autour de l’école », a-t-il lancé, convaincu que la renaissance nationale passe nécessairement par une refondation éducative. Pour lui, l’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage académique, mais un véritable levier de changement culturel, social et politique.

Par cette déclaration, le ministre réaffirme une vision forte : l’école comme socle de la souveraineté nationale, et l’éducation comme moteur d’un changement profond, durable et impactant.
