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Mise en accusation de l’ancien ministre Ismaila Madior Fall : un collectif dénonce une instrumentalisation de la justice !

La récente saisine de l’Assemblée nationale par le ministère de la Justice en vue de la mise en accusation de l’ancien Garde des Sceaux, Ismaila Madior Fall, devant la Haute Cour de Justice, suscite une vive réaction du collectif de soutien au professeur de droit constitutionnel. Ce dernier dénonce ce qu’il qualifie de « cabale judiciaire » et « règlement de comptes personnels », à travers une lettre rendue publique ce jeudi.

Selon les membres du collectif, la procédure engagée contre l’ancien ministre repose sur des éléments jugés « légers », citant le fait qu’il aurait été mentionné de manière « surprenante » par une tierce personne dans le cadre d’une enquête commanditée par la chancellerie. L’Assemblée nationale, réunie en séance plénière le 8 mai 2025, aurait elle-même reconnu le caractère peu fondé des accusations portées contre lui.

Un parcours salué au ministère de la Justice

Ismaila Madior Fall, qui a dirigé à deux reprises le ministère de la Justice (de 2017 à 2019, puis de 2022 à 2023), est présenté par ses soutiens comme un acteur clé du développement du secteur judiciaire sénégalais. Ils mettent en avant plusieurs réformes concrètes entreprises durant son mandat, notamment :

  • La mise en œuvre des bracelets électroniques pour désengorger les prisons ;
  • L’élargissement de la carte judiciaire avec la création de tribunaux d’instance à Keur Massar et aux Parcelles assainies ;
  • L’équipement des juridictions en matériel moderne ;
  • Le recrutement massif de personnel judiciaire et éducatif ;
  • La redynamisation du Comité sénégalais des droits de l’Homme ;
  • L’organisation de conférences internationales, dont la 6e biennale de l’Association des Services correctionnels d’Afrique.

Le collectif fustige par ailleurs une « violation des principes fondamentaux de la justice », pointant du doigt le non-respect du secret de l’enquête et de l’instruction. Il regrette que le parquet soit, selon lui, utilisé comme un instrument politique contre un ancien ministre ayant jadis exercé la tutelle sur l’ensemble des procureurs du pays.

Un appel à la préservation de la dignité de la justice

Les signataires de la lettre estiment que cette mise en accusation risque de jeter le discrédit sur l’ensemble de l’institution judiciaire. « La majesté de la justice doit être gardée », écrivent-ils, appelant à recentrer le débat sur les véritables urgences de la justice sénégalaise, telles que le renforcement des capacités, la réduction de la détention préventive et l’amélioration des conditions de travail dans les juridictions.

Pour finir, le collectif affirme que toute tentative de salir l’image du professeur Ismaila Madior Fall est vouée à l’échec et appelle à plus de sérénité pour garantir l’indépendance et la crédibilité de la justice sénégalaise.

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