
On prête à un célèbre auteur africain la citation qui suit : « EnAfrique ce qui ne se dit pas peut se chanter, ce qui ne se chante pas peut se danser.»
A quoi on aurait pu répliquer par ces mots de Wittgenstein : « ce dont on ne peut parler, il faut le taire ». A défaut, au moins,devrait-on le taire à l’école.
Entendons-nous bien, chaque langue a son répertoire de chansons et danses plus ou moins licencieuses, grivoises ou libertines, connues ou non par le grand public. Mais ce n’est surement pas à l’école de leur servir d’exutoire ou de lieu d’exhibition.
Des démonstrations de danses traditionnelles ou modernes il y en a toujours eu du préscolaire à l’élémentaire sans cela ne fit scandale. Mais lorsque celles-ci en plus de friser l’indécence, vont jusqu’ à représenter le clou des spectacles, le mal devient profond. Surtout qu’il envoie aux oubliettes, questions de culture générale, sketchs ou pièces théâtrales, récitals de poèmes, démonstrations sportives, les radio-crochets, karaokés et j’en passe. Certes les compétences artistiques ont autant de dignité que les autres. Mais elles doivent se mouler dans le substrat élaboré pour la société que nous voulons.
Au demeurant, il convient de marteler une mission de l’école qui semble hélas aujourd’hui à la fois impossible etanachronique : apprendre à se tenir et à bien se tenir.
F.M.
