
Dans le Saloum — qui englobe les zones de Fatick, Kaolack et Kaffrine — le vol de bétail connaît une recrudescence alarmante, suscitant une vive préoccupation au sein de l’Association nationale de lutte contre le vol de bétail (ANLCVB). Rien qu’au premier trimestre 2025, plus de 280 têtes ont été volées, dont environ 187 retrouvées. Au total, 83 individus ont été interpellés pour vol, recel, complicité ou abattage clandestin.
Ce fléau a de lourdes conséquences économiques. Selon Aboubacar Bitèye, président de l’ANLCVB, les pertes annuelles liées au vol de bétail au Sénégal s’élèveraient à près de 2 milliards de francs CFA, impactant gravement les éleveurs des zones rurales.
Face à l’ampleur du phénomène, des mesures commencent à émerger. Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé la tenue prochaine de concertations nationales pour définir une stratégie commune de lutte contre le vol de bétail. L’usage de la technologie, notamment la géolocalisation pour assurer l’identification et la traçabilité du cheptel, est également envisagé.
Mais pour Aboubacar Bitèye, le temps presse. Il exhorte le chef de l’État à passer à l’action rapidement : « Il faut appliquer ces mesures sans tarder. »
Selon lui, la situation devient critique dans le Saloum, une région historiquement paisible et réputée pour son élevage. Désormais, un climat de peur s’installe. Les éleveurs, véritable colonne vertébrale de l’économie rurale, sont aujourd’hui la cible de bandes organisées. Ces attaques, souvent nocturnes et violentes, laissent derrière elles des familles traumatisées et une population en détresse.
Cette insécurité pèse lourdement sur l’économie locale : les marchés hebdomadaires sont désertés, les éleveurs fuient les zones à risque, et la filière élevage — essentielle pour la région — est en péril. « Si rien n’est fait, l’élevage est voué à disparaître dans le Saloum », alerte M. Bitèye.
Toujours selon lui, « dans le Saloum, les cris de détresse des éleveurs se perdent dans l’indifférence. Ils veulent simplement vivre de leur travail, dignement et en paix. Mais tant que la sécurité ne sera pas garantie, c’est toute une culture qui risque de s’éteindre. » a-t-il conclu avec gravité :
