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Regards croisés sur l’essai départemental : enseignements et perspectives, au cœur de l’émission « Karamboung »

Ce mardi 3 juin, l’émission éducative « Karamboung » s’est penchée sur un sujet brûlant de l’actualité scolaire à Saraya : « Regards croisés sur l’essai départemental : enseignements et perspectives ». Pour en discuter, le plateau a accueilli Bakary Cissokho, inspecteur de l’Éducation et de la Formation de Saraya, revenu sur les leçons d’une évaluation départementale inédite.

Du 22 au 24 mai derniers, l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Saraya a organisé un CFEE blanc départemental, une initiative visant à préparer les élèves au Certificat de Fin d’Études Élémentaires tout en mesurant leur niveau réel. Mais les résultats sont venus sonner l’alarme : seuls 244 élèves sur 1554 candidats ont été admis, soit un taux de réussite de 15,70 %. Une performance jugée « inquiétante » par l’inspecteur, notamment en français et mathématiques, où les lacunes sont manifestes.

Pour autant, quelques écoles se démarquent par leurs résultats encourageants : Dambala Sékhoto (81 %), Makhana (78 %), Baba Niakhasso (66 %), Sambrambougou (51 %) et Guémédjé (50 %). Ces établissements montrent qu’un bon encadrement et une implication locale peuvent faire la différence.

Loin de s’arrêter au constat chiffré, Bakary Cissokho a défendu le principe d’évaluations objectives et sans complaisance « Il ne sert à rien d’avoir un fort taux de réussite si, une fois au collège, les élèves se retrouvent en difficulté, souvent contraints de redoubler. »
Il dénonce une logique de réussite factice, pointant le décalage entre des taux flatteurs au BFEM (80 à 90 %) et la faiblesse des résultats au baccalauréat ou l’absence des élèves dans les concours d’excellence.

Concernant les défaillances internes au système, l’inspecteur n’a pas mâché ses mots : il fustige l’absentéisme des enseignants, une problématique qu’il juge intolérable au regard des responsabilités confiées par l’État.
« Il est inconcevable que l’État nous paye et qu’on ne fasse pas correctement le travail », a-t-il martelé.

Face à la crise de performance, Bakary Cissokho appelle à une prise de conscience collective. Inspecteurs, directeurs, enseignants : « chacun doit se regarder en face et assumer ses responsabilités ». Aux détenteurs de classe, il lance un appel clair : redoubler d’efforts pour redresser la barre et redonner espoir à un département qui en a grandement besoin.

À travers cette émission, « Karamboung » aura permis de jeter une lumière crue mais salutaire sur les défis du système éducatif local. Une prise de parole sans langue de bois, qui ouvre la voie à une réforme en profondeur.

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