
L’association « Sauvons la Falémé » a tenu ce lundi 16 juin sa rencontre annuelle à Sonkounkou, dans la commune de Sadatou (département de Bakel). Ce rendez-vous, placé sous le signe de l’engagement citoyen et environnemental, a été marqué par l’inauguration d’une nouvelle pirogue motorisée et le renouvellement des instances dirigeantes de l’association.
Créée pour protéger le fleuve Falémé et son écosystème menacé par les activités minières illégales, l’association regroupe des membres issus des villages riverains des départements de Saraya et Bakel, de la diaspora en Europe, ainsi que de communautés maliennes vivant de l’autre côté de la frontière.

Dans une dynamique d’action concrète, un des membres responsables,Seydou Danfakha,a offert une pirogue motorisée afin de faciliter les déplacements en saison des pluies. Ce moyen de transport renforcera la collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour faire respecter le décret présidentiel interdisant toute exploitation minière dans un rayon de 500 mètres autour du fleuve.
Plusieurs personnalités ont pris part à cette rencontre, notamment le maire de la commune de Saraya, Sambaly Biagui, qui a exprimé son engagement aux côtés des populations.
« Le président de la République a pris un décret clair, mais il revient à nous, citoyens, de veiller à son application. Les FDS ne peuvent être partout, mais nous, nous sommes partout. Unissons nos forces et collaborons avec les autorités sans tomber dans l’autodéfense », a-t-il déclaré.
Banadji Diallo, membre actif de la commune de Bembou, a abondé dans le même sens en appelant les membres à éviter toute forme de violence, rappelant que les autorités préfèrent la voie de la dénonciation et de la concertation.

Le président de l’association, Tamba Savané, a salué la mobilisation continue des membres depuis plus de quatre ans, bien avant la promulgation du décret présidentiel.
Ansoumane Cissokho, représentant de la diaspora, a pour sa part félicité les autorités sénégalaises et invité les autorités maliennes à renforcer elles aussi les dispositifs de protection du fleuve, devenu transfrontalier dans les enjeux qu’il soulève.
Au titre des doléances, M. Cissokho a également interpellé l’État du Sénégal sur les difficultés d’accès dans certaines zones enclavées comme la commune de Missirah Sirimana. Le parrain de l’association, Seydou Danfakha, a insisté sur l’urgence d’aménager des couloirs officiels pour les orpailleurs afin de les éloigner durablement du lit du fleuve. Il a salué l’effort collectif ayant permis l’acquisition de la nouvelle pirogue et a encouragé la poursuite des actions citoyennes.

L’intervention de l’imam Abdoulaye Keita, représentant des guides religieux, a rappelé la dimension morale et communautaire de cette lutte. Il a loué la collaboration entre populations et autorités administratives, en particulier les préfets de Saraya et Bakel, pour leur engagement constant. L’association « Sauvons la Falémé » s’est illustrée ces derniers mois par des actions concrètes : saisie d’une machine illégale appartenant à une société malienne, caravane de sensibilisation de Kidira à Moussala, et surveillance renforcée du fleuve en période d’hivernage.
Face à l’urgence écologique et sociale, l’association réaffirme sa détermination à poursuivre ses activités, toujours en étroite collaboration avec les autorités locales, nationales et les FDS, pour un avenir durable le long de la Falémé.
FILY CISSOKHO
