
Le président de l’association paysanne « Aar Sunu Moomel », Bassirou Ba, a tiré la sonnette d’alarme sur la qualité jugée déplorable des semences distribuées cette année aux producteurs agricoles. Selon lui, certains sacs contiendraient une proportion anormalement élevée de sable, remettant en cause la viabilité même de la campagne agricole en cours.
« C’est un scandale. Ces pratiques mettent en péril non seulement les efforts des producteurs, mais aussi les objectifs de souveraineté alimentaire fixés par le gouvernement », a-t-il déclaré.
Cette situation, largement relayée dans la région de Kaolack, s’ajoute à un climat de frustration croissante au sein du monde rural. Bassirou Ba dénonce également un système de distribution opaque, gangrené selon lui par le favoritisme et la fraude, qui saperait les engagements de transparence affichés par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
« Des sources internes au ministère de l’Agriculture font état d’un malaise profond chez les techniciens, de plus en plus marginalisés dans les processus de sélection et de contrôle des semences. Leur expertise serait délaissée au profit d’opérateurs privés dont la fiabilité est souvent remise en question » regrette « Aar Suñu moomel »
« Nous ne sommes plus consultés. Or, sans contrôle technique rigoureux, la qualité ne peut être garantie », confie un agent agricole basé dans le Saloum.
Face à cette crise de confiance, les acteurs du monde rural appellent à une refonte du système de gestion des semences, notamment en matière de traçabilité, de contrôle qualité et d’implication des techniciens locaux. La réussite de la campagne agricole 2025 et les ambitions affichées en matière de souveraineté alimentaire dépendent de la capacité du gouvernement à restaurer la transparence et la crédibilité de ses dispositifs.
