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Ballé Ndiaye (M3B) : “Le Sénégal est sous perfusion, il faut un plan d’urgence, pas un programme”

Trois mois après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, les critiques commencent à s’intensifier, notamment du côté de l’opposition. Ballé Ndiaye, président du Mouvement Bokk Beug Beug (M3B), tire la sonnette d’alarme : le Sénégal traverse une situation critique qui nécessite un plan d’urgence national immédiat.

« Le pays est sous perfusion. Beaucoup de jeunes ont perdu la vie ou leurs biens dans les violences passées. Aujourd’hui, les autorités, autrefois dans l’opposition, sont au pouvoir, mais semblent ne pas savoir dans quelle direction gouverner. Or, l’État est une continuité », déclare-t-il.

Dans un entretien accordé ce mercredi, Ballé Ndiaye a dénoncé ce qu’il qualifie de “gouvernance improvisée et populiste”, pointant du doigt une absence de vision économique claire. Selon lui, les promesses électorales n’ont pas été tenues, alors que les urgences sociales et économiques s’accumulent.

Le président du M3B s’inquiète de la montée continue des prix des denrées de première nécessité et de la persistance du chômage des jeunes. Il estime que les mesures prises jusqu’ici restent insuffisantes pour répondre aux besoins réels des populations.

La réforme fiscale amorcée par le gouvernement est également dans le viseur. Jugée “précipitée et mal expliquée”, elle ferait planer des incertitudes sur le climat des affaires. « Certains entrepreneurs redoutent une instabilité qui pourrait décourager l’investissement privé », alerte-t-il.

Ballé Ndiaye regrette par ailleurs ce qu’il perçoit comme une concentration du pouvoir autour de quelques proches du régime, à rebours des engagements initiaux en faveur de la transparence et de la rupture.

Abordant la question de l’endettement, il plaide pour une revue approfondie de la stratégie nationale :

« Il faut convoquer toutes les forces vives de la Nation afin d’identifier des solutions de sortie de crise. Il est urgent de revoir la politique d’endettement, d’ouvrir le dialogue avec les bailleurs et de trouver un équilibre. Sinon, le pays risque de sombrer. »

Pour lui, les secteurs clés de développement sont à l’arrêt, notamment l’agriculture, confrontée à des retards dans la distribution de semences de qualité. Quant aux projets d’emploi et de formation, ils sont selon lui “en suspens”, nourrissant un sentiment de désespoir croissant chez les jeunes.

« Tout semble au ralenti. C’est comme si le pays avait jeté la clé. Il faut revoir la copie économique. Le Sénégal était sur une trajectoire de développement. Il faut tout faire pour qu’il retrouve sa place, que ce soit en matière d’éducation, de diplomatie ou de démocratie », affirme M. Ndiaye.

Face à cette situation, le M3B appelle à l’adoption d’un plan d’urgence national, plutôt qu’un simple programme de gouvernement.

« Un programme peut prendre 5 à 10 ans à être exécuté. Or, les citoyens ont besoin de résultats concrets, maintenant. Le Sénégal n’a plus le temps », conclut Ballé Ndiaye.

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