En marge de la cérémonie de présentation du rapport de développement durable 2024 de la Société des Mines d’Or de Sabodala (SGO), tenue ce lundi à Dakar, le président du Conseil départemental de Saraya, Moussa Danfakha, a prononcé un discours fort et sans détour, appelant à un meilleur partage des retombées de l’exploitation minière au bénéfice des populations locales.
« Nous saluons cet exercice de transparence, mais il est temps que les communautés minières soient véritablement respectées et considérées », a lancé M. Danfakha devant les responsables de SGO, les acteurs du secteur extractif, ainsi que des représentants de la société civile et du Parlement.
Le président du Conseil départemental a pointé du doigt les nombreux défis persistants dans une zone pourtant riche en ressources aurifères, notamment le manque d’accès à l’eau potable et à l’électricité, les difficultés d’employabilité des jeunes, ainsi que l’enclavement.
« Cela fait 20 ans que les mines sont exploitées à Saraya, et pourtant, nos conditions de vie ne reflètent en rien cette richesse. C’est inacceptable », a-t-il martelé.
Moussa Danfakha a également exhorté l’État du Sénégal et la SGO à investir davantage dans les infrastructures de base, en particulier la construction de routes pour désenclaver le département. Il a insisté sur la nécessité de répondre aux préoccupations urgentes des populations locales, trop souvent négligées dans les politiques de développement.
Abordant la question de l’insertion professionnelle, M. Danfakha a déploré que les jeunes diplômés de la région peinent encore à accéder à l’emploi, malgré les efforts consentis en matière de formation.
« On nous disait autrefois que nos jeunes n’étaient pas qualifiés. Aujourd’hui, ils sont formés, diplômés, mais toujours en marge du système. Même les stages doivent aller au-delà du symbolique », a-t-il déclaré.
Il a ainsi proposé la création, à Saraya, d’un centre de formation professionnelle digne de ce nom, capable d’accompagner à la fois les diplômés et les jeunes non-scolarisés, afin de leur offrir de véritables opportunités d’emploi dans le secteur minier.
Le président du Conseil départemental a enfin plaidé pour une révision du Code minier sénégalais, afin de l’adapter aux réalités actuelles du marché mondial de l’or, mais aussi aux nouvelles exigences sociales.
« Ce code doit évoluer. Il doit refléter non seulement la hausse du prix de l’or, mais aussi les attentes légitimes des populations impactées », a-t-il conclu.
