
Les habitants du quartier Thioffack et des alentours du marché Khar Yalla de Médina Baye étouffent sous les eaux usées stagnantes et les ordures qui envahissent leurs rues. Malgré les efforts récents des autorités, cet axe vital reliant Médina Baye à Thioffack reste un symbole de l’insalubrité qui mine la cité religieuse de Kaolack.
» Une Route Transformée en Cloaque »
Les caniveaux, obstrués par du sable et des déchets, débordent régulièrement, transformant la chaussée en un marécage nauséabond. Les automobilistes sont contraints à de périlleuses déviations, tandis que piétons, charrettes et véhicules se disputent un espace réduit, provoquant embouteillages et accidents. « Chaque jour, je dois porter mes enfants sur le dos pour traverser cette eau polluée. L’odeur est insupportable, et nous vivons dans la peur des maladies », témoigne Modou Diaw, père de famille, les pieds dans l’eau croupie .

» Commerçants et Riverains : Un Cercle Vicieux »
Malgré le désengorgement partiel de certains canaux par des habitants, le secteur entre Keur Gane et Thioffack reste paralysé. Pire : des commerçants et riverains continuent de jeter leurs ordures dans les regards ouverts, annihilant ces efforts. « Mes clients n’accèdent plus à ma boutique à cause des eaux stagnantes. Mais si les gens jettent encore leurs déchets ici, tout recommencera », déplore Aïssatou Diop, commerçante au marché Khar Yalla. Les sacs d’ordures extraits des canaux s’entassent en attendant un ramassage aléatoire .

Menace Sanitaire et Efforts Fragiles
Le Dr Mamadou Ndiaye, enseignant en santé publique, alerte : » Ces eaux stagnantes sont des nids à moustiques et à bactéries. Sans gestion durable, une épidémie de choléra ou de paludisme est inévitable. » Si la municipalité et le ministre de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, ont intensifié la lutte contre les inondations – comme lors de la crise du bassin de Khakhoune en 2016 –, leurs actions restent entravées par les comportements inciviques .

» L’Appel Ultime : Le Civisme «
Alors que la saison des pluies s’installe, la solution passe par un changement des mentalités. « La fermeture des caniveaux et la fin des dépôts sauvages sont cruciales », insiste un agent de l’Office national de l’assainissement (ONAS). Sans cela, les projets structurels, comme le Programme décennal contre les inondations, ne suffiront pas à sortir Thioffack de son enfer liquide.
