Dans un contexte de tension politique et de saturation médiatique, le président de l’ONG Aide-International, Moustapha BA, appelle à un sursaut citoyen pour défendre la République contre la désinformation, les dérives langagières et le brouillage du débat public.

Depuis quelque temps, une nouvelle dynamique semble vouloir s’imposer dans l’espace public sénégalais. Chroniqueurs, activistes, commentateurs autoproclamés ou prétendus acteurs de la société civile occupent de plus en plus de place dans le débat national. Beaucoup se présentent comme des défenseurs du peuple, voire comme les nouveaux garants de la démocratie. Mais derrière cette posture se dessine une réalité moins vertueuse, selon Moustapha BA.
Dans une tribune rendue publique ce week-end, le président de l’organisation Aide-International alerte : « En réalité, beaucoup alimentent la haine et la désinformation. Leur seul carburant : la contradiction permanente, les attaques indignes et la polémique stérile ».
À mesure que les réseaux sociaux se substituent aux canaux traditionnels de communication, une nouvelle génération d’acteurs politiques informels émerge. Leur influence est réelle, mais elle pose question. Car bien souvent, leur discours repose davantage sur le sensationnel que sur des idées structurées, des projets concrets ou une volonté de dialogue républicain.
« Ce sont toujours les mêmes visages qui parlent au nom du peuple, alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes », déplore Moustapha BA, estimant que ces figures s’imposent non par le mérite ou la légitimité, mais par la surexposition et la polémique.
Autre point soulevé par Moustapha Ba , l’effacement progressif de l’opposition politique, remplacée dans l’espace public par ces nouveaux « influenceurs » d’opinion. « Certains chroniqueurs ont pris leur place, alors même que les opposants les plus en vue n’ont ni base politique solide, ni ancrage réel sur le terrain », affirme-t-il, allant jusqu’à dire que « beaucoup seraient incapables de gagner ne serait-ce que leur propre bureau de vote ».
Selon lui, ce vide de leadership a eu pour conséquence de repositionner le Premier ministre comme principale voix d’opposition républicaine, dans un jeu institutionnel où « la nature a horreur du vide ». Le Président de la République, lui, incarne selon ses mots « une posture d’unité nationale », dont le seul parti est « le Sénégal ».
Mais au-delà des querelles d’appareil ou des dynamiques politiques, c’est bien le contrat républicain qui est en jeu, insiste Moustapha BA. Car quand « l’injure et la désinformation deviennent un moyen facile de gagner de l’argent ou de l’audience, la République doit répondre avec fermeté, dans le respect de la loi ».
M. Ba lance un appel à la mobilisation des citoyens pour préserver les fondements démocratiques du pays : « Le peuple sénégalais est désormais éveillé. Il ne se laissera plus manipuler par des marionnettistes sans projet, sans solutions, sans vision. » Et de conclure par une déclaration forte : « Ils sèment le vacarme, nous portons l’espérance. Ils nourrissent la haine, nous bâtissons la paix. Unis, éveillés, nous protégerons la République. Pour nos enfants, pour notre dignité. »
