L’affaire « Kocc Barma » prend une tournure explosive après les récentes découvertes de la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité (DSC). El Hadji Babacar Dioum, identifié comme le cerveau du réseau, a été déféré au parquet pour une série de chefs d’inculpation d’une gravité exceptionnelle : association de malfaiteurs, extorsion de fonds, atteinte à la vie privée, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux, mais aussi diffusion de contenus pornographiques et pédopornographiques.

Un disque dur à la densité criminelle révélatrice !
Les enquêteurs ont mis la main sur un MacBook Pro 13 pouces contenant un fichier nommé « Paid Not to Publish », répertoriant plus de 9 000 fichiers. Il s’agirait d’un registre méticuleux de victimes ayant payé pour éviter la diffusion de vidéos intimes. Parmi ces victimes, certaines auraient versé jusqu’à 2 millions FCFA, voire 9 668 euros pour acheter leur silence. Un second dossier baptisé « Newgirl » contient plus de 4 100 photos et vidéos sexuelles, recensant de potentielles cibles. Un autre fichier, intitulé « Nouveau dossier 4 », comprend 147 vidéos pornographiques supplémentaires.
Un empire numérique financé par le chantage et la monétisation !
L’enquête révèle également un flux financier complexe et inquiétant. Entre 2017 et 2025, plus de 50 millions de FCFA ont transité par un compte ouvert à la CBAO, en provenance d’un complice présumé en fuite. La plateforme de publicité pour contenus adultes Exoclick lui aurait versé environ 43 millions de FCFA sur la même période.
Ces fonds ont été partiellement blanchis à travers des entreprises de façade, dont « Mba Authority » (commerce automobile) et « Eddy’s », un restaurant où les enquêteurs ont découvert un brouilleur de signal dissimulé dans un bureau lors d’une perquisition.
Domicile, faux documents, et sigles officiels détournés !
Les perquisitions menées au domicile de Dioum à Ngor ont permis de saisir :
- Une fausse plaque de police estampillée « Section des accidents »
- Un lot de carnets de vaccination falsifiés
Ces éléments laissent entrevoir une volonté de se doter de moyens frauduleux pour échapper à la traque des forces de sécurité.
Vers un réseau tentaculaire et transfrontalier ?
Selon des sources proches du dossier, l’affaire pourrait ne constituer que la partie émergée d’un iceberg criminel, avec des ramifications dans plusieurs secteurs d’activités, y compris les médias, les technologies et la finance informelle. Des pistes transfrontalières sont actuellement explorées, suggérant une organisation structurée opérant au-delà du territoire sénégalais.
