Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau pour dénoncer avec fermeté les dérives institutionnelles et les insuffisances du Plan de Redressement Économique et Social (PRES) récemment présenté par le Premier ministre. Dans une déclaration rendue publique ce samedi, la Conférence des leaders du FDR critique un plan « orphelin, sans vision stratégique », et alerte sur les risques d’un « pilotage à vue » de l’économie sénégalaise.

Premier point de discorde : le FDR dénonce la méthode utilisée par le gouvernement. Le PRES a été présenté en dehors de toute instance institutionnelle, notamment sans débat au Parlement. Pour le FDR, cela constitue une « entorse grave à l’esprit républicain », rappelant que le Premier ministre est tenu de coordonner les politiques publiques sous le contrôle du pouvoir législatif. « Une décision aussi lourde de conséquences pour l’avenir du pays ne peut se prendre sans débat national », insiste le Front.
Sur le fond, le FDR s’interroge sur la réelle portée du PRES. Selon ses responsables, le plan ne propose aucun moteur de croissance identifiable, élude les priorités économiques majeures (cherté de la vie, blocage du BTP, crise des PME) et n’affiche aucun chiffrage précis. « On ne sait plus si c’est le budget de l’État ou une suite de slogans qui guide notre politique économique », regrette la déclaration.
Le Front dénonce aussi l’instabilité des politiques publiques, entre plans successifs sans cohérence ni continuité. Ce « tâtonnement permanent », selon le FDR, nuit à la lisibilité de l’action publique et à la crédibilité du Sénégal auprès de ses partenaires économiques.
Le PRES, d’après le FDR, repose sur une austérité camouflée. L’augmentation annoncée des taxes, la suppression progressive des subventions et l’absence de relance budgétaire font craindre un alourdissement de la pression sur les ménages et les entreprises. « Le choix de la rigueur au détriment de la solidarité est économiquement contestable et moralement inacceptable », assène le Front, qui prévient que les couches les plus vulnérables en paieront le prix fort.
Face à ce qu’il qualifie de « dérapage stratégique », le FDR appelle à un retour au dialogue républicain et à la concertation avec les acteurs économiques, sociaux et territoriaux. Il exige que tout projet structurant fasse l’objet d’un débat national et que l’État adopte une ligne claire, lisible, et légitime. « Notre pays mérite mieux qu’un pilotage à vue. Il lui faut un État stratège, une vision forte, et une gouvernance respectueuse des institutions et des citoyens. »
Ce positionnement du FDR marque un tournant dans le débat sur l’orientation économique du nouveau régime, et pourrait susciter des réactions au sein même de la classe politique et de la société civile.
