
Dans une déclaration rendue publique, Lababa Faye, membre du Mouvement national des cadres patriotes (MONCAP), a réagi aux propos du Dr Yoro Dia qui assimile le souverainisme du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko à un « complexe d’infériorité » et à un « désir de reconnaissance ». Selon lui, une telle lecture est « superficielle » et ignore les principes fondamentaux de la diplomatie stratégique. « Discuter avec une puissance historiquement dominante comme la France ne relève en rien de la soumission, mais bien d’un choix pragmatique et intelligent », a-t-il affirmé.
Lababa Faye souligne qu’une rupture brutale et impulsive avec la France serait à la fois « immature » et « préjudiciable » pour la diaspora sénégalaise comme pour l’économie nationale. Pour lui, la voie du dialogue reste la plus efficace pour défendre les intérêts supérieurs du pays. Pour étayer son propos, il convoque l’exemple historique d’Abraham Lincoln. Durant la Guerre de Sécession, alors que la victoire militaire était imminente, le président américain n’hésita pas à rencontrer secrètement Jefferson Davis, président des Confédérés, afin de négocier les conditions de la paix. « Son objectif n’était pas de capituler, mais de garantir la reconstruction de l’Union sur des bases solides », rappelle M. Faye, ajoutant que cette démarche, d’abord incomprise, fut plus tard reconnue comme un acte de génie politique et militaire.
Dans le même esprit, le Sénégal de Diomaye Faye privilégie la voie du réalisme et de la maturité. Les échanges avec la France, loin d’être une faiblesse, constituent selon le cadre du MONCAP une démonstration de force et une opportunité pour redéfinir les termes du partenariat. « Ils permettent de renégocier les accords de défense, de poser les jalons d’une coopération équilibrée et de replacer notre pays sur l’échiquier international en acteur souverain », a insisté Lababa Faye.
Pour lui, le souverainisme sénégalais ne doit pas être caricaturé comme un repli sur soi, mais au contraire comme « l’affirmation de notre capacité à dialoguer d’égal à égal avec tous nos partenaires, anciens comme nouveaux ».
