Avec plus de 4 millions d’habitants, soit 22,1 % de la population nationale sur moins de 0,3 % du territoire, la région de Dakar affiche l’une des densités urbaines les plus élevées du continent. Cette concentration extrême s’accompagne d’une urbanisation « désordonnée, mal contrôlée et profondément inégalitaire », selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

Face à ce constat, le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé ce mardi 2 septembre 2025 au lancement de la Vision « Dakar métropole internationale 2050 », lors d’une cérémonie officielle tenue au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, en présence du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana.
Huit pôles territoriaux pour équilibrer le développement
Le gouvernement a annoncé la création de huit pôles territoires, appelés à devenir des leviers stratégiques de développement et d’attractivité régionale. Cette réforme vise à mieux territorialiser les politiques publiques, renforcer la gouvernance locale et coordonner les actions de développement.
Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de rompre avec le centralisme hérité du passé : « Depuis 1960, le pays a été pensé à partir de Dakar, autour de Dakar, peut-être même pour Dakar. Mais cela a été mal pensé et Dakar a été la première à en souffrir. Notre option, c’est d’arrêter de penser les autres pôles à partir de Dakar », a-t-il déclaré. Selon lui, la capitale accueille chaque année près de 100 000 nouveaux arrivants, dont beaucoup s’installent dans des zones d’habitat précaire, estimées à 45 % du parc immobilier, sans planification ni raccordement aux réseaux. Cette urbanisation anarchique entraîne congestion, pénurie de logements et multiplication des inondations.
Vers une refondation urbaine
Le Premier ministre a dénoncé la gestion actuelle des lotissements et l’absence d’aménagements structurants en amont : « Autrefois, on réglait d’abord l’assainissement et la voirie avant d’autoriser les constructions. Aujourd’hui, même les lotissements administratifs sont livrés sans équipements, et chacun se débrouille après pour l’eau, l’électricité ou l’assainissement », a-t-il regretté. Pour y remédier, l’État compte expérimenter une nouvelle approche à Thiès Ville Nouvelle, où tous les aménagements seront réalisés en amont en partenariat avec des opérateurs privés.
Ousmane Sonko a présenté Dakar Métropole 2050 comme un choc d’organisation et un acte de refondation : restructuration des quartiers, offre de logements conformes aux normes, construction d’équipements publics, mais aussi émergence de pôles économiques, culturels, éducatifs et portuaires.
Une métropole verte et résiliente
La dimension écologique occupe une place centrale : création de grands parcs métropolitains, réhabilitation de sites comme Hann, Technopole et Keur Massar, protection du littoral contre l’érosion, promotion de la mobilité douce et des transports propres (bateaux-taxis, téléphérique Dakar-Gorée). « Dakar Ville verte ne sera pas un slogan, ce sera une réalité végétalisée, respirable et vivable », a assuré le Premier ministre.
Ce projet s’inscrit dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui vise à corriger les déséquilibres régionaux, favoriser une répartition équitable des ressources et donner aux collectivités territoriales les moyens d’agir.
La journée de partage a permis de présenter :
- la transformation spatiale, sociale, écologique et numérique de Dakar (1906-2050) ;
- le potentiel d’attractivité auprès des partenaires au développement ;
- la mobilisation des acteurs institutionnels, économiques, sociaux et citoyens ;
- le cadre de gouvernance des pôles territoriaux ;
- la valorisation de l’histoire et des mutations de Dakar à travers une exposition thématique.
Avec cette initiative, le gouvernement ambitionne de faire de Dakar une métropole internationale tout en rééquilibrant le développement national au profit de l’ensemble des territoires.
