Le Projet de Relèvement d’Urgence et de Résilience à Saint-Louis (SERRP), lancé en 2018 par l’Agence de Développement Municipal (ADM), entre dans sa phase décisive. Après avoir relogé les familles sinistrées et aménagé un nouveau site à Diougop, l’heure est désormais à la démolition des habitations toujours présentes sur la bande littorale dite des « 20 mètres » de la Langue de Barbarie, particulièrement exposée à l’érosion côtière.

Une opération de sécurisation des quartiers vulnérables
Le préfet de Saint-Louis, Abou Sow, a présidé le mardi 19 août 2025 une réunion du Comité départemental de développement (CDD) consacrée aux préparatifs de cette opération. « Nous sommes arrivés à une étape importante. Il s’agit de la démolition des maisons dont les propriétaires ont été indemnisés ou relogés sur le site de recasement de Diougop », a-t-il indiqué devant les services de l’État, la municipalité et des représentants des populations concernées.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de requalification urbaine visant à sécuriser Guet Ndar, Ndar Toute et Goxu Mbaac, mais aussi à préserver l’écosystème fragile de la Langue de Barbarie, à améliorer les conditions de vie et à stimuler l’économie locale par des infrastructures adaptées.
Un chantier aux enjeux environnementaux
Pour Abdoulaye Dièye, Directeur Qualité, Sécurité, Hygiène et Environnement de Kelimane Entreprise SA, en charge des travaux, l’opération dépasse la seule dimension technique :
« Ce projet, bien qu’étant de travaux publics, revêt un caractère environnemental prioritaire. Toutes les dispositions sont prises pour respecter les normes sécuritaires et environnementales, et tenir les délais. » Les espaces libérés accueilleront des équipements socio-économiques et des aménagements résilients aux ondes de tempête et à l’érosion.
Un recasement structuré à Diougop
Le SERRP a permis d’aménager à Diougop un site de 15,7 hectares avec voirie, réseaux divers et équipements sociaux. À ce jour, 171 villas ont été réceptionnées, dont 167 attribuées et 91 déjà occupées. À terme, le programme prévoit 436 logements, un poste de santé, un marché, un collège et une école élémentaire.
Pour accompagner les familles déplacées, un Plan de restauration des moyens de subsistance a été mis en place. Conçu de manière participative, il permet aux bénéficiaires de conserver leurs activités liées à la pêche ou de se reconvertir vers d’autres secteurs, avec un appui technique et financier.
Les prochains aménagements prévus sur la bande des 20 mètres
- Parc linéaire avec piste cyclable et allée piétonne ;
- Parcours sportif et espaces de détente et de loisirs ;
- Haltes panoramiques avec bancs et zones ombragées ;
- Quais de pêche équipés d’infrastructures de stockage et de conservation des produits.
La démolition, qui sera précédée de nouvelles concertations, devrait libérer une bande côtière de 3,5 km. Elle marque une étape majeure dans la transformation urbaine de Saint-Louis et dans la lutte contre l’érosion qui menace depuis des décennies ses quartiers historiques.
