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Mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES) : Thierno Bocoum dénonce un « malaise institutionnel »

Le Conseil des ministres du 3 septembre 2025 commence à susciter des réactions. Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR – Les Leaders, a publié une déclaration dans laquelle il met en cause ce qu’il appelle un « malaise institutionnel profond », révélateur selon lui du retard dans la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES).

Pour l’opposant, le communiqué officiel illustre une confusion au sommet de l’État. D’un côté, le Président de la République a rappelé au Premier ministre son rôle de « maître d’œuvre », chargé de coordonner les ministères pour finaliser les projets et réformes du PRES. De l’autre, Ousmane Sonko s’est limité à annoncer la création de quatre groupes de travail internes à la Primature.

« Autrement dit, le Président oriente vers les ministres, mais le Premier ministre se replie sur son cabinet », relève Thierno Bocoum, qui estime que cette dissonance explique « le retard incompréhensible » du plan.

Adopté le 31 juillet et présenté publiquement le 1er août, le PRES n’a toujours pas trouvé de traduction institutionnelle. « Aucune loi n’a été votée et aucune réforme majeure engagée », déplore le président d’AGIR. Il accuse par ailleurs le gouvernement de transformer ce plan en « tournée publicitaire », citant les présentations déjà organisées au Grand Théâtre, en Turquie, et bientôt en Italie les 13 et 14 septembre.

Dans sa déclaration, Thierno Bocoum pointe également l’absence de mesures concrètes en faveur des ménages : prix du carburant toujours élevé malgré la baisse du baril de 30 % depuis avril 2024, tarifs de l’électricité inchangés, absence de répercussions positives pour les consommateurs.

À l’inverse, il accuse le pouvoir de maintenir « intacts » les fonds politiques et budgets de prestige, tout en se tournant vers un financement extérieur, notamment auprès de la France, pourtant elle-même confrontée à une dette publique record.

Selon le leader d’AGIR, le seul domaine appliqué avec constance reste celui du « contrôle politique », avec le maintien en détention de Badara Gadiaga et Abdou Nguer et la « politisation » des conventions avec la presse.

« Aucun pouvoir ne s’est consolidé durablement en ignorant la souffrance populaire », avertit Thierno Bocoum, qui appelle le régime à revoir sa stratégie sous peine de « sortir par la petite porte ».

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