
La radio Giggi-Sembé a consacré, ce mardi 16 septembre, son émission santé au thème de la sexualité précoce chez les jeunes. Deux invités ont pris part aux échanges : Madame Oulimata Sané, coordinatrice de la santé de la reproduction au centre de santé de Saraya, et Dially Bambo Danfakha, agent de santé communautaire.

Les intervenants ont rappelé les principales causes de ce phénomène : la curiosité, le manque d’éducation sexuelle, l’influence des pairs, l’impact des médias ainsi que la précarité sociale, particulièrement marquée dans les zones d’orpaillage où certains adolescents découvrent très tôt la sexualité, souvent motivés par des raisons financières.
Sur les conséquences, Mme Sané a souligné la gravité de la situation : 7 % des adolescents âgés de 10 à 16 ans ont déjà connu une grossesse précoce. À cela s’ajoutent un taux élevé d’avortements clandestins, une forte prévalence des infections sexuellement transmissibles (IST), l’abandon scolaire, la baisse des performances académiques, et parfois des mariages précoces.

Pour y remédier, les invités ont recommandé la mise en place de centres dédiés aux adolescents, un meilleur dialogue et accompagnement parental, l’intégration d’une éducation sexuelle adaptée à l’âge, mais aussi des campagnes de sensibilisation impliquant leaders religieux, communautaires et organisations de la société civile.
La coordinatrice a plaidé auprès des autorités pour la création de services spécifiques aux adolescents dans les postes de santé, afin d’offrir à ces jeunes un meilleur accès à la prévention et aux soins. Le manque d’infrastructures dans le département constitue, selon elle, un frein majeur dans la lutte contre la sexualité précoce, les grossesses non désirées et les mariages précoces.
