Le maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, a adressé ce 20 septembre 2025, une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur pour dénoncer une situation qu’il juge « alarmante » dans la commune, cœur politique, économique et culturel de la capitale.

Selon l’édile, Dakar-Plateau est « envahi par les incivilités et le désordre », malgré les interventions répétées de la municipalité. Ces initiatives, dit-il, sont souvent interprétées comme du « sabotage », ce qui prive les opérations de l’appui nécessaire des forces de l’ordre.
Alioune Ndoye insiste sur la sensibilité de la zone, située à proximité immédiate d’institutions stratégiques comme le Palais de la République, l’Assemblée nationale, plusieurs ministères, l’État-major des armées, les principales banques et chancelleries, mais aussi des musées et hôpitaux de référence.

Le maire déplore également la dégradation des voiries et trottoirs, endommagés par des travaux récurrents sans réhabilitation durable, offrant ainsi « des cachettes potentielles à toutes sortes d’activités néfastes ». Il pointe du doigt l’anarchie dans les transports : garages improvisés, occupation massive de la voie publique par les pousse-pousse et stationnement anarchique des minibus sur l’avenue Blaise Diagne, malgré l’ouverture de la gare du BRT.

Parmi les menaces évoquées figurent aussi la présence de mendiants dans des zones sensibles, parfois « vêtus de burkas intégrales » et susceptibles, selon lui, de constituer des foyers d’insécurité. Alioune Ndoye alerte également sur les groupes de jeunes drogués, appelés boudioumanes, qui occupent des espaces stratégiques tels que le Tribunal de Dakar ou la corniche.

Pour y remédier, le maire propose l’instauration d’une police municipale, conformément aux dispositions légales, afin d’appuyer la police nationale et d’assurer une présence de proximité capable de restaurer l’ordre et la sécurité.

« Dakar-Plateau mérite une sécurité renforcée. Notre capitale politique doit être exemplaire », conclut Alioune Ndoye, qui rappelle que ses précédentes démarches auprès des autorités de l’Intérieur sont restées sans suite.
