Un Comité départemental de développement (CDD) consacré à la préparation de la rentrée scolaire s’est tenu ce mardi 30 septembre à Saraya, sous la présidence du préfet Babacar Niang.

La rencontre a mobilisé l’ensemble des acteurs de l’éducation, des élus locaux, des partenaires techniques et financiers ainsi que les forces de défense et de sécurité. Au menu des échanges, la présentation de l’état des lieux du secteur éducatif dans le département, les défis à relever pour l’année 2025-2026 et les dispositions pratiques à prendre pour une rentrée réussie.

L’Inspecteur de l’Éducation et de la Formation (IEF), Bakary Cissokho, a rappelé que la rentrée administrative et pédagogique est fixée au 6 octobre pour les enseignants et au 8 octobre pour les élèves. Il a souligné l’importance d’un respect strict du calendrier afin de garantir un démarrage effectif des cours. La carte scolaire de Saraya compte 7 structures préscolaires publiques, 100 écoles élémentaires, 12 collèges, 3 lycées, 6 classes d’alphabétisation et 75 daara. Mais les défis restent nombreux. Huit écoles ont été endommagées par les intempéries de l’hivernage, tandis que quatre autres ont subi des cambriolages.

Le manque d’infrastructures est également criant : 31 % des écoles n’ont pas de point d’eau, 18 % ne disposent pas de latrines et plus de la moitié ne sont pas électrifiées. Le déficit en tables-bancs est estimé à plus de 3 000 unités, malgré une dotation de 517 équipements par le ministère en août dernier.Côté personnel, l’IEF fait état d’un besoin de 160 enseignants au préscolaire et à l’élémentaire, et de 31 professeurs pour le moyen secondaire.

Le recours à des classes multigrades ou à des chargés de cours reste une option envisagée, non sans conséquences sur la qualité des apprentissages. Les débats ont mis en avant la nécessité d’une mobilisation accrue des collectivités territoriales et des sociétés minières, notamment à travers la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), pour soutenir la construction de latrines, de murs de clôture et la réhabilitation des infrastructures scolaires endommagées.

Le préfet a insisté sur la priorité à accorder aux infrastructures plutôt qu’à la fourniture de matériel.La question de l’état civil a également occupé les discussions : 73 élèves dépourvus de pièces ont pu être régularisés avant les examens, mais la difficulté pour les parents à retirer les extraits de naissance persiste. L’IEF a profité de la rencontre pour inviter les parents et les communautés à se mobiliser pour nettoyer les écoles, conformément au slogan « Ubbi tey, Jang tey » .

Il a aussi demandé aux parents de libérer les enfants dès la rentrée et exhorté les directeurs et chefs d’établissement à tirer les leçons de l’année écoulée afin d’améliorer les résultats scolaires. En clôturant la rencontre, le préfet Babacar Niang a rappelé l’urgence de réhabiliter les écoles touchées par l’hivernage et d’équiper les établissements en tables-bancs avant la rentrée. Il a invité les acteurs locaux à renforcer le dialogue social, à améliorer l’hygiène dans les établissements et à sensibiliser sur l’interdiction du téléphone portable en milieu scolaire. La rencontre a aussi servi de cadre de préparation aux Assises nationales des daara, prévues dans les prochaines semaines.

