Après un demi-siècle de tergiversations – si on ne compte pas la parenthèse, vite refermée de Jean Dart premier à théoriser et à pratiquer l’enseignement bilingue les langues locales / français – le système semble se diriger résolument vers l’enseignement bilingue.
Les écrits de Cheikh Anta Diop comme les conclusions des assises de 1980 avaient déjà pointé l’enseignement par les langues nationales comme solution aux crises que traversait notre système. Par la suite, des progrès notables ont été accomplis en termes de recherches, des travaux du professeur Sakhir Mbaye aux programmes ARED, RELIT et autres.

Jeune élève, je garde souvenir de notre maitre venant, tout enthousiasmé d’un séminaire sur les langues nationales et nous lisant la dictée qui leur a été soumise. C’était dans les années 1980. Depuis, la mayonnaise semblait être retombée.
Aujourd’hui, la généralisation du modèle, qui intègre les différentes recherches ne saurait passer ni pour impréparée ni pour incohérente, n’en déplaise à la frilosité de certains, certainement due aux conséquences de siècles de monolinguisme importé. Les outils produits dans ce sens en sont l’illustration.
Cependant, deux problématiques, celles des langues et celle des coûts constitueront si on n’y prend garde, de potentielles menaces.
Avec une demi-douzaine de langues choisies, en attendant la dizaine voire quinzaine qui risquent, tôt ou tard, de taper à la porte, le coût de la conception des intrants sera d’autant plus élevé. A cela s’ajoute le retrait soudain de l’USAID qui a financé cette en partie cette aventure. Cependant, ce qui apparait comme une contrainte majeure pourra être convertie en opportunité car une réforme de cette importance et de cette ampleur, aurait dû ou devra être portée par des ressources endogènes ; Ce qui permettra de s’affranchir du diktat de l’extérieur.
Ajoutons à ces points, la poursuite de l’Information -Communication et la nécessaire implication de l’enseignement privé pour un système plus cohérent et inclusif.
En tout état de causes, l’adoption de stratégies pérennes et efficaces, y compris dans un contexte de rationalisation des ressources, fera le succès de cette réforme. A ce titre, cet an 2 de la généralisation déterminera dans une large mesure son avenir. D’où la nécessité d’une formation adéquate des acteurs terrain pour une meilleure qualité des enseignements- apprentissages.
F.M.
