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Levée de 450 milliards FCFA : Thierno Bocoum dénonce “la célébration de la dette”

Le succès annoncé par le ministère des Finances et du Budget à propos du troisième Appel Public à l’Épargne (APE 3), ayant permis au Sénégal de lever plus de 450 milliards FCFA sur le marché financier régional, ne fait pas l’unanimité.

Alors que les autorités saluent une “performance historique” et un “signe de confiance” des investisseurs, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une communication jugée triomphaliste face à un endettement grandissant.

Parmi elles, celle de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR – Les Leaders, qui estime que “le gouvernement a osé célébrer la dette”. Dans une tribune rendue publique, l’ancien député considère que cette levée de fonds à près de 7 % d’intérêt n’a rien d’un motif de réjouissance.

“Lever 450 milliards n’est pas un exploit, c’est un aveu d’asphyxie budgétaire et de dépendance financière”, écrit-il, estimant que l’État aurait pu s’en tenir à l’objectif initial de 300 milliards FCFA prévu dans la Loi de Finances rectificative.

“Le fait d’augmenter le volume de l’émission traduit une tension de trésorerie plus forte que prévu”, poursuit-il.

Selon le ministère des Finances, les ressources mobilisées serviront à financer “les besoins de trésorerie prévus dans la LFR 2025 et les projets stratégiques de l’Agenda Sénégal 2050”.

Mais pour Thierno Bocoum, cette formulation masque une réalité plus préoccupante : “Une grande partie de l’emprunt servira à payer les charges courantes de l’État. L’Agenda 2050 n’est qu’un habillage rhétorique pour maquiller un financement de court terme.”

L’ancien parlementaire critique une “confusion persistante entre fonctionnement et développement”, estimant que la dette est devenue “un mode de gestion plutôt qu’un levier de croissance”.

Il appelle l’État à conditionner chaque nouvel emprunt à un projet identifiable, à publier l’usage réel des fonds, et à institutionnaliser une règle d’or budgétaire interdisant le recours à la dette pour financer le fonctionnement.

“Aucun pays ne s’est développé par la dette seule”, soutient-il, avant de conclure :

“Tant que le pays se réjouira d’une respiration artificielle, il confondra encore l’oxygène d’urgence avec le souffle de la vie.”

Alors que le gouvernement vante une réussite financière symbolisant la “confiance du marché régional”, cette sortie de Thierno Bocoum relance le débat sur la soutenabilité de la dette publique sénégalaise, qui dépasse aujourd’hui les 118 % du PIB selon plusieurs estimations.

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