Nairobi, 11 novembre 2025 — Lors de la 3ᵉ session du Comité de négociation intergouvernemental chargé d’élaborer la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale (CCNUCID), Cheikh Mbow, Directeur exécutif de la Coalition Éducation du Sénégal (COSYDEP), a lancé un appel fort aux États membres pour que la future Convention devienne un outil concret de justice fiscale et sociale mondiale.

S’exprimant au nom de l’Alliance mondiale pour la justice fiscale, Mbow a exhorté les délégués à renforcer l’article 9 du projet de texte, afin qu’il reflète pleinement les principes du développement durable et du respect des droits humains. « Vous pouvez sauver des vies, recréer l’espoir, garantir à tous une éducation de qualité, des soins de santé et une protection sociale ! Vous avez le pouvoir d’agir, ici même, dans cette salle », a-t-il déclaré avec force.
Un plaidoyer pour une fiscalité au service des populations
Cheikh Mbow a rappelé que la fiscalité internationale doit avant tout servir à financer les services publics essentiels. Il a ainsi proposé que la Convention reconnaisse explicitement cet objectif, notamment en matière d’éducation, de santé et de protection sociale, afin de réduire les inégalités entre pays et au sein des sociétés. « Les systèmes fiscaux doivent être alignés sur les obligations des États en matière de droits humains, en mobilisant le maximum de leurs ressources disponibles », a-t-il insisté, appelant également à une plus grande transparence et à une reddition de comptes régulière de la part des États signataires. Selon lui, une Convention ambitieuse et bien conçue permettrait de récupérer des milliers de milliards de dollars échappant chaque année aux administrations fiscales à cause de l’évasion et de l’optimisation abusives. Ces ressources pourraient alors financer les besoins vitaux des populations les plus vulnérables.
Des chiffres qui interpellent
Pour appuyer son propos, le directeur exécutif de la COSYDEP a rappelé les estimations des besoins mondiaux :
- 325 milliards de dollars par an pour éradiquer l’extrême pauvreté (UNU-WIDER) ;
- 340 milliards par an d’ici à 2030 pour garantir une éducation équitable et de qualité (UNESCO) ;
- 371 milliards par an pour instaurer une couverture sanitaire universelle (OMS).
« Ces montants ne sont pas hors de portée », a-t-il affirmé, ajoutant qu’une coopération fiscale internationale juste et efficace pourrait « garantir les droits fondamentaux de milliards de personnes dans le monde ».
Un message d’espoir et de responsabilité
En conclusion, Cheikh Mbow a rappelé aux représentants des États leur obligation morale et juridique de faire de la fiscalité un instrument de développement durable. « L’histoire retiendra que vous aurez fait de la coopération fiscale internationale un levier de transformation sociale », a-t-il lancé, en invitant les négociateurs à « ne pas décevoir les peuples » qui comptent sur eux. La 3ᵉ session du Comité de négociation s’inscrit dans le cadre du processus de création d’un traité mondial sur la fiscalité, sous l’égide des Nations Unies, visant à garantir plus d’équité, de transparence et de responsabilité dans la gouvernance fiscale internationale.
