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Dakar annule trois mois de pénalités et de frais de stockage pour les marchandises maliennes : un signal fort envoyé à Bamako

Le Port autonome de Dakar (PAD) vient de poser un acte majeur en faveur du Mali. Son directeur général, Waly Diouf Bodiang, a annoncé l’annulation, pour une durée de trois mois, des pénalités et frais de stockage appliqués aux marchandises maliennes immobilisées au port depuis plusieurs semaines. Une mesure exceptionnelle qui vise à faciliter le déblocage et l’acheminement vers Bamako de centaines de conteneurs en souffrance.

L’annonce a été faite lors d’une séance de travail regroupant les délégations de la Chambre de commerce du Mali et celle de Dakar. Selon Waly Diouf Bodiang, cette initiative répond à une situation d’engorgement inédit qui frappe les opérateurs maliens. Il a rappelé que plus de 80 % du trafic terrestre entre les deux pays emprunte le corridor sénégalais, faisant du Sénégal un partenaire logistique clé pour l’économie malienne.

À Bamako, la réaction ne s’est pas faite attendre. Mamadou Thiéli Konaté, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), a salué un geste qui témoigne d’un « engagement indéfectible » des autorités sénégalaises. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une dynamique diplomatique récente : quelques jours auparavant, à Diamniadio, la ministre sénégalaise des Pêches et de l’Économie maritime, Fatou Diouf, et sa collègue malienne des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko, avaient promis de débloquer rapidement la situation.

Si les deux ministres n’ont pas évoqué publiquement les causes du blocage, plusieurs médias maliens rapportent qu’une pénurie de carburant à Bamako aurait gravement perturbé le transport routier, empêchant les camions d’accéder à Dakar pour récupérer les marchandises.

À Dakar, les milieux économiques ont également salué la mesure. Abdoulaye Sow, président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD), a souligné la forte interdépendance entre les deux économies : « Un marché malien dynamique profite au Sénégal, tout comme un Sénégal stable et coopératif est indispensable au commerce malien. »

Il a par ailleurs proposé plusieurs pistes pour renforcer la fluidité du corridor Dakar–Bamako, notamment :

  • – la mise en place de guichets uniques transfrontaliers,
  • – des mécanismes d’alerte et de compensation,
  • – et même la création d’un fonds conjoint d’appui aux échanges commerciaux.

L’annulation des frais de stockage et des pénalités s’inscrit dans une volonté claire de renforcer la coopération régionale. Dans une sous-région où les chaînes d’approvisionnement sont régulièrement fragilisées par des crises politiques, sécuritaires ou énergétiques, le geste du Port autonome de Dakar apparaît comme un acte de stabilité, de solidarité et d’intégration économique.

Le corridor Dakar–Bamako, artère vitale pour les deux nations, n’est pas seulement un axe commercial : il est un lien géopolitique stratégique, essentiel à la prospérité des opérateurs maliens et sénégalais. En prenant cette décision, le Sénégal réaffirme son rôle de partenaire fiable et son engagement à préserver un partenariat historique que les deux pays ont tout intérêt à consolider.

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