
Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Moussa Bala Fofana, a présidé ce mardi le lancement d’un atelier national consacré à la modernisation des cités religieuses du Sénégal. Organisée dans le cadre du Programme national d’Aménagement et de Modernisation des Villes Religieuses (PNAMVR), cette rencontre a réuni autorités religieuses, élus locaux, chercheurs, partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile. Un véritable cadre de dialogue et de co-construction destiné à repenser l’avenir des pôles spirituels du pays.

Des lieux de foi, mais aussi de cohésion et de vitalité économique
Touba, Tivaouane, Médina Baye, Médina Gounass, Ndiassane, Popenguine et bien d’autres cités religieuses constituent des espaces majeurs de rayonnement spirituel. Au-delà de leur importance religieuse, elles jouent un rôle déterminant dans la cohésion nationale et l’économie locale. Chaque année, des millions de fidèles et de visiteurs y affluent, générant une dynamique qui nécessite des infrastructures adaptées. Face à cette affluence croissante, le ministre a posé plusieurs questions fondamentales : Comment accompagner cette croissance exceptionnelle ? Comment moderniser sans dénaturer ? Comment préserver la sacralité tout en assurant le confort et la sécurité des pèlerins ?

Des enjeux centraux : infrastructures, financement et tourisme religieux
Les échanges ont porté sur trois axes majeurs :
- – Les infrastructures : la disponibilité de l’eau, de l’électricité, de l’assainissement, ainsi que la construction de routes capables de fluidifier les grands rassemblements religieux.
- – Les mécanismes de financement : le recours au financement islamique, au financement vert ou encore aux financements participatifs pour soutenir des projets structurants.
- – Le tourisme religieux : la valorisation du patrimoine spirituel sénégalais tout en préservant son authenticité.
Selon le ministre, ces questions sont essentielles pour anticiper les défis des prochaines décennies.

Un programme aligné avec la Vision Sénégal 2050
Sous l’impulsion du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre Ousmane Sonko, le PNAMVR s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050. L’ambition est claire : faire des villes religieuses des pôles de développement modernes, inclusifs et durables, tout en préservant leur identité spirituelle. “Nous devons faire de ces cités des modèles de modernité et de prospérité partagée, sans jamais renier leur âme”, a affirmé Moussa Bala Fofana.

Conciliation entre patrimoine spirituel et développement
Le ministre a rappelé que moderniser les cités religieuses va bien au-delà de la construction d’infrastructures. Il s’agit également de renforcer la cohésion sociale, de préserver l’architecture traditionnelle et de créer des opportunités économiques pour les jeunes, les femmes et les artisans. Il a ainsi appelé à une implication renforcée des partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales, des autorités religieuses et du monde académique afin de faire de cet atelier une véritable feuille de route opérationnelle.

Vers des pôles spirituels modernes et durables
De son côté, le coordonnateur du PNAMVR, Amdy Moustapha Mbacké, a réaffirmé l’engagement du programme à concilier modernité et préservation du patrimoine. Il a rappelé les actions déjà entreprises, notamment la réhabilitation des sites spirituels, l’aménagement paysager, la création d’équipements publics et la valorisation des espaces religieux.

Pour lui, “spiritualité et développement ne s’opposent pas ; au contraire, ils se complètent”. L’objectif est de bâtir des pôles spirituels modernes, attrayants et économiquement viables, tout en restant fidèles à leur essence sacrée.
