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Libération sous conditions de Badara Gadiaga : Thierno Bocoum dénonce une « liberté sous tutelle »

Dakar – La libération de Badara Gadiaga après plus de cinq mois de détention continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Si la sortie de prison de l’animateur et chroniqueur a été saluée par de nombreux acteurs, les conditions qui l’accompagnent soulèvent de sérieuses interrogations. Dans une déclaration ferme, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR – Les Leaders, dénonce ce qu’il qualifie de « liberté surveillée » et appelle à un respect intégral des droits fondamentaux.

Une libération qui laisse un goût amer

Badara Gadiaga a recouvré la liberté après plus de 150 jours de détention, une incarcération que ses soutiens ont toujours jugée injuste et motivée par l’exercice de la liberté d’expression. Pour Thierno Bocoum, la satisfaction de voir un homme quitter la prison ne saurait occulter la persistance de l’injustice. « On le libère du lieu de détention, mais on le maintient sous contrôle dans l’espace public », estime-t-il.

Selon la déclaration, les mesures imposées à l’ancien détenu – port d’un bracelet électronique, restrictions de déplacement et interdiction temporaire de participer à l’émission Diakarlo – vident la liberté de sa substance et confirment le caractère politique, plutôt que juridique, de l’affaire.

La liberté d’expression au cœur du débat

Au-delà du cas individuel de Badara Gadiaga, Thierno Bocoum alerte sur les implications plus larges pour la démocratie sénégalaise. Il rappelle que la liberté d’expression « n’est pas un droit secondaire que l’on suspend à la convenance du moment », mais le fondement même du débat public et de la contradiction citoyenne.

Empêcher un citoyen de s’exprimer après l’avoir incarcéré pour ses propos revient, selon lui, à reconnaître implicitement que la procédure judiciaire vise davantage à neutraliser une voix critique qu’à dire le droit.

Un appel direct à l’autorité judiciaire

Dans sa déclaration, le président d’AGIR – Les Leaders interpelle clairement la justice, l’invitant à rester fidèle à sa mission régalienne. « La justice n’est forte que lorsqu’elle protège les droits, et non lorsqu’elle les administre au compte-gouttes », martèle-t-il, rejetant toute forme de « pédagogie de la peur » ou de mise sous tutelle de la liberté.

Il appelle ainsi à la cohérence : soit Badara Gadiaga est libre et doit l’être pleinement, soit il ne l’est pas, et cette réalité doit être assumée sans ambiguïté.

Un enjeu démocratique majeur

Pour Thierno Bocoum, l’affaire dépasse largement la personne de Badara Gadiaga. Elle pose la question du sort réservé à la parole libre au Sénégal et du rapport entre justice, pouvoir politique et libertés publiques. Refusant la banalisation de ce qu’il considère comme une injustice, il met en garde contre les dérives susceptibles d’affaiblir durablement la confiance des citoyens dans les institutions.

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