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Budget 2026 : Cheikh Diba prône la transparence, la rigueur et des arbitrages responsables face à une dette préoccupante

L’examen du projet de loi de finances 2026 du ministère des Finances et du Budget s’est tenu ce vendredi à l’Assemblée nationale, dans un climat marqué par de fortes préoccupations des députés autour de la dette publique et de la soutenabilité des finances de l’État.

Ouvrant les échanges, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a salué la qualité des débats parlementaires et le rôle constructif des députés, rappelant le cadre juridique qui fonde l’action budgétaire de l’État, notamment la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) et le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP), outil central de planification sur trois ans.

Une dette préoccupante, mais maîtrisable

Abordant sans détour la question de la dette, le ministre a reconnu une situation « sérieuse et préoccupante », tout en réfutant toute opacité ou fatalité. « La situation de la dette est sérieuse, elle est même préoccupante, mais elle n’est ni dissimulée ni irréversible », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur le choix assumé du gouvernement en faveur d’une transparence totale, matérialisée par un audit exhaustif des engagements de l’État, conduit par l’Inspection générale des finances (IGF), certifié par la Cour des comptes et publié conformément aux exigences légales. Cette démarche, a-t-il souligné, permet de disposer d’une vision complète de la dette intérieure et extérieure et d’asseoir une stratégie crédible de redressement.

Dette intérieure et extérieure : restaurer la crédibilité financière

Cheikh Diba a rappelé que la dette sénégalaise est aujourd’hui répartie de manière équilibrée entre dette intérieure et dette extérieure. La dette domestique, majoritairement détenue par des acteurs nationaux, demeure un levier de financement important, à condition d’une maîtrise rigoureuse des dépenses publiques et d’une mobilisation accrue des recettes internes.

L’objectif affiché est clair : rétablir la crédibilité financière de l’État, garantir la soutenabilité de la dette et dégager les marges nécessaires au financement des priorités nationales.

Des arbitrages assumés dans un contexte de ressources limitées

Après plus d’un mois d’échanges en commissions et en séance plénière, le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’inscrire le budget 2026 dans une logique de priorisation stricte, dictée par la rareté des ressources et l’ampleur des besoins sociaux.

Selon le ministre, les arbitrages budgétaires reposent sur trois critères fondamentaux :

  • – l’impact réel des politiques publiques,
  • – l’équité territoriale,
  • – la soutenabilité financière.

Lorsque les marges de manœuvre sont limitées, l’exécutif privilégie des solutions alternatives : rationalisation des dépenses, redéploiements internes, optimisation des programmes et phasage des investissements.

Des investissements structurants dans les secteurs clés

Malgré les contraintes, le projet de loi de finances 2026 prévoit d’importants investissements structurants, notamment :

  • Éducation et formation : construction de collèges et lycées dans les 45 départements ;
  • Santé et protection sociale : près de 60 milliards FCFA pour de nouvelles infrastructures sanitaires ;
  • Agriculture et souveraineté alimentaire : projets communautaires (9,6 milliards FCFA) et mécanisation agricole (13 milliards FCFA) ;
  • Eau et assainissement : projet de Grand transfert d’eau (50 milliards FCFA) ;
  • Infrastructures et transports : acquisition de deux avions (60 milliards FCFA) et autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis (109,7 milliards FCFA) ;
  • Jeunesse, sport et emploi : infrastructures sportives de proximité (6,9 milliards FCFA) et projets liés aux Jeux olympiques (91 milliards FCFA) ;
  • Défense et sécurité : modernisation des moyens de défense (13 milliards FCFA), extension de la vidéoprotection de Dakar (14 milliards FCFA) et renforcement du contrôle aux frontières (14,2 milliards FCFA) ;
  • Développement territorial : financement des agropoles à hauteur de près de 100 milliards FCFA.

Mobilisation des ressources et discipline budgétaire

Le gouvernement mise parallèlement sur une mobilisation renforcée des ressources internes, dans le cadre du plan de redressement économique et social. La maîtrise de la dépense publique, notamment de la masse salariale, constitue un axe prioritaire, avec un accent mis sur la digitalisation des processus de recrutement, de suivi et de contrôle des effectifs.

Appel au consensus et à la responsabilité collective

Au-delà du vote du budget, l’exécutif appelle les députés à jouer un rôle de co-pilotes du redressement national, en contribuant à expliquer les choix budgétaires et à renforcer la confiance citoyenne. Le gouvernement s’est également félicité des nouvelles orientations de l’Assemblée nationale en matière d’évaluation des politiques publiques et de suivi des investissements.

En conclusion, Cheikh Diba a rendu hommage aux agents du ministère des Finances et du Budget pour leur engagement et leur expertise, rappelant que le budget de l’État est avant tout le fruit d’un travail collectif. Dans un appel solennel à l’unité, il a invité l’ensemble des acteurs à transformer les difficultés actuelles en opportunité, afin de bâtir une économie sénégalaise plus stable, compétitive et tournée vers le bien-être des citoyens.

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