Une rencontre du Comité départemental du CDD s’est tenue ce lundi dans la commune de Saraya, dans le cadre de la Journée des assises nationales des daara.

La rencontre a réuni les borom daara, les ndeye daara, les maîtres coraniques, l’équipe de l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF), ainsi que les chefs de service déconcentrés de l’État. Les travaux se sont déroulés sous la présidence du préfet du département, Babacar Niang. À l’ouverture des travaux, le préfet a remercié l’ensemble des participants pour avoir répondu à la convocation de l’autorité administrative. Il a rappelé que le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de l’Éducation nationale, a engagé un processus d’intégration de l’enseignement coranique dans le système éducatif national.

Selon Babacar Niang, des assises communales ont été demandées dans l’ensemble du pays afin de recueillir les préoccupations des différents acteurs. Dans le département de Saraya, le processus a démarré dans les arrondissements de Bembou et de Sabodala, où des concertations ont été organisées avec l’ensemble des parties prenantes. Les observations issues de ces échanges, a-t-il indiqué, seront prises en compte dans la nouvelle définition du cadre juridique devant encadrer les daara et répondre aux attentes des familles.

Il a, par ailleurs, annoncé la tenue prochaine d’une rencontre de synthèse au niveau départemental, dans une démarche inclusive et participative.Prenant la parole, l’Inspecteur de l’Éducation et de la Formation de Saraya, Bakary Cissokho, a également remercié l’assistance. Il a précisé que l’objectif principal de ces assises est de recueillir les attentes des acteurs directement impliqués dans la gestion et le fonctionnement des daara. Un diagnostic de l’état des lieux des daara a été réalisé au préalable, débouchant sur l’identification de cinq axes majeurs de réflexion soumis aux participants.

Dans sa présentation, l’IEF est revenu sur l’historique des daara, rappelant que cette institution d’enseignement coranique et d’éducation islamique est solidement ancrée au Sénégal depuis le XIᵉ siècle. Il a ensuite exposé les concepts, finalités et le cadre réglementaire, soulignant la coexistence de deux types de daara : le daara traditionnel, centré sur la mémorisation du Coran et l’enseignement des sciences islamiques, et le daara moderne, qui intègre le français, les mathématiques et un curriculum élargi, proche de l’éducation de base.

La question du cadre juridique a également été abordée, avec les lois et décrets visant à formaliser l’intégration des daara dans le système éducatif national, notamment en ce qui concerne les conditions d’ouverture, le personnel habilité à enseigner, les programmes officiels ainsi que les mécanismes de contrôle et d’évaluation.Les participants ont aussi échangé sur l’environnement d’apprentissage et les conditions d’existence des daara. Les infrastructures, la sécurité, l’hygiène et les conditions sanitaires demeurent des préoccupations majeures, tout comme l’accès aux nouvelles technologies et aux matériels pédagogiques.

Les programmes d’enseignement, l’évaluation, la formation et l’insertion des apprenants ont été analysés à travers la distinction entre le programme traditionnel et celui des daara modernes, sans occulter la question du recrutement, du statut et du profil des enseignants.À l’issue de la présentation, une discussion interactive a permis aux participants de poser des questions et d’exprimer leurs préoccupations autour des cinq axes retenus.

En conclusion des échanges, le préfet Babacar Niang a invité les responsables des daara à collaborer étroitement avec l’administration afin de faciliter leur accompagnement vers un système éducatif unifié, garant d’une meilleure formation des citoyens. Il a enfin salué le travail de l’IEF et de ses collaborateurs pour la bonne organisation et la qualité des débats ayant marqué ces assises.
