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Saraya/Bembou : Le chef du village de Kharakhena apporte des éclaircissements sur l’accord d’exploitation minière qui divise la communauté

Le chef du village de Kharakhena, localité qui abrite un important site d’orpaillage situé à proximité du périmètre d’exploitation d’une entreprise minière dans la commune de Bembou, est sorti, ce jeudi 1er janvier 2026, pour apporter des précisions concernant l’accord d’exploitation conclu entre ladite entreprise et le GIE Kharakhena, accord qui prévoit la cession de 9 hectares aux orpailleurs sous certaines conditions.

Selon le chef de village, Ibrahima Keïta, la principale difficulté rencontrée par les orpailleurs réside dans le fait que les zones potentiellement productives en or se trouvent dans le périmètre d’Afrigold. « Là où tu peux exploiter pour avoir de l’or se trouve dans le périmètre d’Afrigold. Nous sommes même allés exploiter là-bas sans autorisation, ce qui nous a valu des problèmes. Moi-même, j’ai été emprisonné », rappelle-t-il.

Face à cette situation, il dit avoir pris l’initiative de réunir une délégation comprenant des représentants des orpailleurs, des autorités locales, du député, du maire de Bembou et d’un délégué de la société minière afin d’engager des discussions avec l’entreprise. Il précise que l’objectif n’était pas au départ la création d’un GIE, mais l’obtention d’un espace de travail pour les populations.

Lors de ces échanges, le responsable de l’entreprise aurait accepté de céder un espace, mais à condition que les orpailleurs se formalisent afin que les retombées économiques soient encadrées par l’État. C’est dans ce cadre que la mise en place du GIE Kharakhena aurait été recommandée. « Ce GIE n’appartient pas à une famille comme certains le prétendent, il concerne toute la population et personne n’est exclu », insiste le chef du village.

Un protocole aurait ainsi été signé à Dakar en présence du maire, du député et des représentants de l’entreprise, avant d’être déposé au ministère des Mines. Ce protocole porterait la signature des représentants des entreprises, des représentants des communautés, du chef de village, du maire ainsi que des députés de Saraya et de Salémata, selon certaines sources.

L’accord prévoit notamment que chaque puits d’or (« damba ») implanté dans le périmètre paie 100 000 francs CFA et que l’or traité sur place soit réparti à hauteur de 5 % pour l’État, 15 % pour l’entreprise et 80 % pour les orpailleurs et le GIE.

Cependant, ce protocole ne fait pas l’unanimité. Certains orpailleurs dénoncent un manque de transparence, accusant l’accord de ne profiter qu’à une minorité. L’un d’eux, ayant requis l’anonymat, estime que « si l’État veut aider les orpailleurs, ce n’est pas de cette manière. Le protocole ne profite qu’à des tiers et certains vont s’enrichir sur le dos de la majorité ». Il demande par ailleurs au ministère des Mines de retirer le permis de l’entreprise, qu’il juge incapable d’exploiter correctement, et d’organiser des concertations inclusives avec les véritables acteurs à la base.

‎Pour l’heure, malgré les débats, des explications des consernés et tensions suscités, aucune mesure officielle n’autorise encore l’application effective de cet accord. Les populations restent dans l’attente d’une décision des autorités compétentes.

‎Fily Cissokho

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