Dakar, 28 janvier 2026 – Un groupe de responsables et de militants du Parti socialiste (PS) a rendu public un manifeste intitulé « Dundal PS – Faire revivre le Parti socialiste », une contribution politique majeure qui se veut à la fois un diagnostic lucide, un acte de responsabilité et un appel à la refondation d’une formation historique aujourd’hui en crise.

S’inspirant des sagesses africaines « Nit nitay garabam » et « Ubuntu », les signataires rappellent que le socialisme sénégalais, tel que pensé par Léopold Sédar Senghor, repose sur l’interdépendance, la solidarité et la responsabilité collective. Pour eux, ces valeurs doivent redevenir le socle philosophique et éthique du Parti socialiste.
Un héritage politique menacé
Le manifeste souligne que le PS n’est pas une organisation politique ordinaire, mais un patrimoine historique qui a contribué à l’indépendance, à la construction de l’État moderne, à l’enracinement de la démocratie et à la promotion de la justice sociale au Sénégal. De Senghor à Abdou Diouf, en passant par Ousmane Tanor Dieng, le Parti socialiste a longtemps été un pilier central de la vie politique nationale et internationale.
Cependant, depuis l’alternance de 2000 et plus encore après le décès d’Ousmane Tanor Dieng en 2019, le Parti s’est progressivement installé dans une léthargie inquiétante. Malgré des tentatives de réorganisation et un rôle déterminant dans la dynamique ayant conduit à l’alternance de 2012, les auteurs du manifeste estiment que l’identité politique du PS s’est diluée, notamment au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar.
Une crise profonde et multidimensionnelle
Le texte dresse un constat sans concession : effondrement électoral marqué par l’élection d’un seul député lors des législatives de 2024, invisibilité médiatique, absence de projet politique lisible, structures organisationnelles obsolètes, démobilisation des militants et déficit de leadership.
Selon les signataires, reconnaître cette situation n’est ni un règlement de comptes ni une autoflagellation, mais un acte de loyauté envers le Parti et son histoire. Ils dénoncent également des initiatives de relance jugées « cosmétiques », sans vision claire, souvent réduites à des activités d’animation sans contenu politique réel.
Rompre avec l’immobilisme
Face à ce qu’ils qualifient d’« immobilisme destructeur », les auteurs du manifeste appellent à changer radicalement de méthode. Le congrès sans cesse annoncé puis reporté, l’absence de consultation réelle de la base et l’inefficacité de la Commission spéciale de relance sont pointés comme des symboles de l’impasse actuelle.
Le manifeste « Dundal PS » se veut ainsi un tournant, visant à rompre avec les illusions d’action et à ouvrir une nouvelle voie de reconstruction.
Le Parti socialiste qu’ils veulent
Les signataires appellent à bâtir un Parti socialiste :
- vivant, producteur d’idées, présent dans les débats nationaux et sur les espaces médiatiques et numériques ;
- renforcé, avec des structures allégées, modernisées, une relecture critique des statuts et une organisation plus professionnelle ;
- rassemblé, fondé sur le débat démocratique, la compétence, la légitimité et la cohésion, au-delà des clivages personnels.
Une attention particulière est accordée à la jeunesse, aux femmes, à la diaspora et aux compétences émergentes, appelées à jouer un rôle central dans la prise de décision et le renouvellement du leadership.
Un appel à l’action collective
À travers ce manifeste, les initiateurs lancent un appel solennel à tous les militants socialistes, aux forces sociales, aux intellectuels et aux citoyens attachés aux valeurs de justice, de solidarité et de démocratie, afin de porter ensemble cette dynamique de renaissance.
« Le Parti socialiste peut vaciller, mais il ne doit pas disparaître », concluent-ils, affirmant que seul le courage de dire la vérité et la volonté de reconstruire collectivement permettront au PS de redevenir une force politique crédible et une alternative pour gouverner le Sénégal.

