Ce matin à Diamniadio, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, a présidé une réunion cruciale du comité de pilotage consacrée à l’élaboration d’un projet de loi visant à promouvoir l’industrialisation au Sénégal. Cette rencontre marque le lancement d’un processus collaboratif impliquant l’ensemble des parties prenantes, avec pour objectif d’établir un cadre juridique solide destiné à dynamiser le secteur industriel national.

Le ministre a souligné l’importance stratégique de cette loi, conçue pour donner un nouvel élan à l’industrialisation, favoriser la création d’emplois et renforcer l’attractivité du marché sénégalais pour les investisseurs. Il a rappelé que, malgré les initiatives engagées ces dernières années, les résultats obtenus restent en deçà des attentes. « Il est impératif d’accélérer notre politique industrielle ; à défaut, nous risquons d’être largement dépassés par d’autres nations », a-t-il averti.
Serigne Gueye Diop a également évoqué une approche transversale de la politique industrielle, intégrant plusieurs secteurs clés tels que l’agriculture, la pêche et la santé. « Chaque ministère aura un rôle déterminant à jouer. Nous devons travailler de manière concertée afin de mettre en place une politique industrielle cohérente et adaptée aux besoins de notre économie », a-t-il précisé.
Abordant les enjeux liés à la zone de libre-échange, le ministre a mis en garde contre les défis majeurs qu’elle pose au Sénégal, citant notamment la forte concurrence de pays comme l’Afrique du Sud, où les taux de transformation des produits agricoles sont particulièrement élevés. « Si nous tardons à agir, notre marché risque d’être inondé de produits étrangers, au détriment de nos industries naissantes », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de protéger les industries locales, notamment à travers des mesures encadrant l’exportation de certaines matières premières stratégiques. « Protéger notre agriculture et notre industrie relève d’un choix stratégique essentiel pour préserver notre souveraineté économique », a-t-il affirmé.
Enfin, le ministre a exprimé son souhait de voir ce projet de loi finalisé dans un délai de deux mois, en vue de sa présentation à l’Assemblée nationale. « Ce travail fondateur est crucial pour l’avenir de notre pays. L’industrie doit désormais être considérée comme une priorité nationale », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation collective autour de cette initiative structurante.

