Une opération menée en début de semaine par la Section de recherches de Kédougou a permis de mettre au jour un présumé réseau de trafic de migrants actif dans la zone aurifère de la région. Un ressortissant burkinabè, présenté comme l’un des principaux acteurs du dispositif, a été interpellé et placé en garde à vue.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme, âgé d’une trentaine d’années et établi à Tenkoto, aurait facilité l’acheminement de jeunes Burkinabè vers des sites d’orpaillage clandestin. Cinq autres personnes, dont plusieurs mineurs âgés de 15 à 17 ans, ont également été retenues par les enquêteurs dans le cadre des investigations.
Les jeunes migrants ont été interceptés le 19 février 2026 à leur arrivée du Mali. D’après des sources sécuritaires, ils se rendaient au Sénégal pour être employés dans des mines artisanales en échange d’un salaire mensuel.
Les personnes interpellées, âgées de 16 à 24 ans, ont indiqué appartenir à la même famille originaire du Burkina Faso. Elles soutiennent que leur déplacement a été organisé avec l’accord de leurs parents, lesquels auraient confié la coordination du voyage au suspect, chargé de les récupérer à la frontière, notamment dans la zone de Dabia.
Lors de son audition, le mis en cause a reconnu avoir accueilli les jeunes à leur arrivée. Il affirme qu’il devait superviser leur installation et servir de relais pour l’envoi de leurs rémunérations — estimées à 50 000 francs CFA par mois — directement aux familles restées au pays. Il a également évoqué le contexte sécuritaire difficile au Burkina Faso pour justifier ce type de migration économique.
La Section de recherches poursuit ses investigations afin de déterminer l’étendue du réseau et d’éventuelles connexions avec d’autres circuits exploitant la vulnérabilité de jeunes migrants dans les zones d’orpaillage clandestin, un phénomène récurrent dans la région de Kédougou.
Fily cissokho
