Le Ministère des Pêches et de l’Économie maritime, à travers la Direction des Pêches maritimes, a procédé le 18 février 2026 à Saly à l’ouverture d’un atelier national de concertation consacré à la prévention des conflits dans la pêche artisanale et à la transition vers l’utilisation de filets biodégradables.

Cette rencontre stratégique a réuni l’ensemble des parties prenantes du secteur : organisations professionnelles de pêcheurs, réseau des Conseils Locaux de Pêche Artisanale (CLPA), administrations techniques, partenaires techniques et financiers, experts nationaux et internationaux, ainsi que les équipementiers. Parmi eux, l’Association des Équipementiers Maritimes du Sénégal (ASSIDEM), fortement impliquée depuis la phase préparatoire, accompagne activement le processus.
L’atelier a également bénéficié de l’appui scientifique d’une délégation d’experts venue de France, qui a présenté aux participants un échantillon de filets biodégradables. Cette démonstration pratique, particulièrement appréciée, a permis d’illustrer concrètement les alternatives aux filets monofilaments et d’ouvrir des échanges techniques approfondis sur leur adaptabilité aux réalités des pêcheries sénégalaises.
La tenue de ces assises intervient dans un contexte marqué par des tensions récurrentes entre acteurs de la pêche artisanale, mais aussi par l’urgence de préserver durablement les ressources halieutiques nationales. Les filets monofilaments non biodégradables sont en effet pointés du doigt pour leurs impacts environnementaux : pollution marine, captures fantômes et dégradation des habitats.

Face à ces enjeux, le Sénégal engage une réforme progressive fondée sur une approche participative. Celle-ci prévoit des phases de tests en conditions réelles, un accompagnement technique des pêcheurs, ainsi qu’un dispositif favorisant l’adhésion des professionnels à cette transition.
Durant quatre jours, les participants auront pour mission de :
- analyser les facteurs de conflits et proposer des mécanismes durables de prévention ;
- renforcer le rôle des CLPA dans la médiation locale ;
- améliorer l’encadrement de certaines pratiques de pêche ;
- définir des règles consensuelles relatives aux engins et aux zones de pêche ;
- élaborer une feuille de route nationale pour l’introduction progressive des filets biodégradables.
À travers cette initiative, le ministère réaffirme sa volonté de privilégier le dialogue, la co-construction et l’acceptabilité sociale des réformes. L’objectif est clair : garantir la paix sociale dans les communautés côtières, renforcer la sécurité des pêcheurs et préserver durablement le capital halieutique national, dans une logique de gouvernance responsable des pêcheries.
