À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l’accent est mis sur la contribution essentielle des femmes dans les communautés rurales. Dans le département de Saraya, elles occupent une place centrale dans les activités socio-économiques et participent activement à l’amélioration des conditions de vie des familles.

Dans cette localité du sud-est du Sénégal, les femmes sont présentes dans plusieurs secteurs d’activités : commerce dans les marchés locaux, orpaillage traditionnel, maraîchage, agriculture, élevage ou encore transformation de produits agricoles. Par leur travail quotidien, elles contribuent largement à l’économie familiale et communautaire. Dans la majorité des villages du département, les femmes jouent un rôle déterminant dans la prise en charge des besoins des ménages. Elles investissent notamment dans l’éducation des enfants et assurent une grande partie des dépenses familiales. Leur engagement fait d’elles des actrices incontournables du développement local.
Cependant, derrière cette contribution remarquable se cache une réalité souvent difficile. Certaines femmes ont perdu la vie dans l’exercice de leurs activités, notamment sur les sites d’orpaillage, tandis que d’autres sont victimes de violences ou d’importantes difficultés économiques dans leur quête de meilleures conditions de vie pour leurs familles. En cette journée symbolique, nombreux sont ceux qui appellent à une reconnaissance accrue de leurs efforts et à un meilleur accompagnement.

La présidente départementale des femmes, Fily Bayo, plaide pour un soutien plus important en faveur de l’autonomisation des femmes rurales. « Les femmes sont fatiguées dans ce département. Elles sont engagées à travailler mais manquent de moyens. Nous avons besoin de matériels agricoles. Beaucoup de femmes veulent cultiver mais n’ont pas les équipements nécessaires. Dans la transformation des produits, nous ne disposons pas de machines », a-t-elle déclaré.
Elle appelle également les autorités à faciliter l’accès des femmes à la terre, à renforcer les formations, notamment dans le domaine du numérique, et à soutenir la commercialisation des produits transformés. « Nous sommes dans un département où l’on note une présence importante d’entreprises, mais les femmes n’en bénéficient presque pas. Nous demandons aux autorités de nous aider à établir des partenariats avec ces entreprises afin de bénéficier de leur accompagnement. Nous avons besoin de financement pour notre autonomisation », a ajouté la responsable.

De son côté, Adama Macalou, orpailleuse, souligne les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées au quotidien. « Nous sommes obligées d’aller dans les sites d’orpaillage pour subvenir à nos besoins et à ceux de nos enfants. Certes, il y a des risques. L’année dernière, deux femmes ont perdu la vie dans des éboulements, mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Comment allons-nous vivre ? », s’interroge-t-elle. Malgré les dangers et le manque de soutien, ces femmes continuent de s’organiser en groupements et de s’investir dans l’agriculture et l’orpaillage afin de financer leurs activités et assurer l’avenir de leurs familles. En cette Journée internationale des droits des femmes, leur engagement rappelle l’importance de renforcer les politiques d’appui aux femmes rurales, véritables piliers du développement dans le département de Saraya.
Fily Cissokho
