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Robotique : deux équipes sénégalaises qualifiées pour la finale mondiale de Genève

Le Sénégal a célébré les talents de sa jeunesse technologique lors de la finale nationale du Robotics for Good Youth Challenge, organisée le 14 mars à Somone par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique et le programme FORCE-N. À l’issue de la compétition, deux équipes – L’Escouade Ndam de Dakar et Neo Genesis de Diourbel – ont décroché leur qualification pour la finale mondiale prévue en juillet à Genève.

Il y a à peine deux mois, Fatoumata Touré découvrait la robotique. Programmer un robot lui paraissait alors presque impossible. « C’était vraiment compliqué au début », confie-t-elle aujourd’hui avec un sourire. Pourtant, ce 14 mars, dans la salle Nelson Mandela du Royal Horizon Baobab de Somone, elle observe avec fierté la machine que son équipe a programmée traverser une ferme miniature. Sur le parcours, le robot doit ramasser des « graines » représentées par des cubes de bois, gérer l’irrigation symbolisée par des billes bleues et trier des fruits colorés avec précision. Entre ces deux moments, il y a eu des semaines d’apprentissage intensif. Avec ses coéquipières de L’Escouade Ndam, toutes élèves au CEM Liberté 6 de Dakar, Fatoumata a appris à coder, corriger les erreurs, tester et recommencer jusqu’à faire fonctionner leur robot. Ce parcours a été récompensé. L’Escouade Ndam a remporté la catégorie junior (10-15 ans) de la finale nationale et représentera le Sénégal à la finale mondiale du Robotics for Good Youth Challenge à Genève, en juillet.

Quinze équipes finalistes venues de sept régions

La compétition a réuni quinze équipes finalistes venues de sept régions du Sénégal : Dakar, Thiès, Kaffrine, Diourbel, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Elles ont été sélectionnées parmi 371 jeunes inscrits répartis en 94 équipes pour cette première édition nationale. Dans la catégorie senior (15-18 ans), c’est l’équipe Neo Genesis, du Lycée scientifique d’excellence de Diourbel, qui s’est imposée face à sept autres équipes, décrochant également son ticket pour la finale mondiale.

Deux mois de formation et de sélection

Avant d’atteindre la finale, les participants ont suivi un parcours structuré sur deux mois. Après une phase d’inscription ouverte du 12 au 26 janvier, les équipes ont bénéficié d’une formation en Python et en programmation visuelle. Une présélection en ligne organisée le 16 février a permis de retenir les quinze équipes finalistes. Dans les jours précédant la finale, les formateurs et bénévoles de la communauté Senebot ont assuré une dernière phase de coaching intensif.

Le podium

En catégorie junior, l’équipe LYNAQKAFF03 du LYNAQE de Kaffrine a obtenu la deuxième place, suivie de Kankuran STEM du CEM Boughary de Sédhiou. En senior, Diambar Tech (CEM Liberté 6/C de Dakar) s’est classée deuxième, tandis que Essamay du Lycée Djignabo de Ziguinchor a complété le podium.

Une initiative inscrite dans le New Deal technologique

Représentant le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aïssatou Jeanne Ndiaye, directrice des TIC, a souligné que cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale du New Deal technologique. Selon elle, la compétition illustre concrètement le troisième axe de cette politique : la formation des jeunes et leur employabilité dans les métiers du numérique. « Voir aujourd’hui ces jeunes mobiliser la robotique pour imaginer des solutions à un défi aussi stratégique est un signal extrêmement encourageant pour l’avenir », a-t-elle déclaré. De son côté, le professeur Oumar Mbodj, responsable du service STEMD de FORCE-N, a rappelé que la science et la technologie doivent être considérées comme des outils pour répondre aux grands défis contemporains, notamment la sécurité alimentaire, la santé et la résilience agricole.

Vers un renforcement de l’enseignement scientifique

Représentant le ministère de l’Éducation nationale, Malick Gueye a évoqué le Réseau national des Blocs scientifiques et technologiques (BST), mis en place à la suite des États généraux de l’éducation. Selon lui, ce réseau est passé de 5 à 28 blocs scientifiques depuis 2015 et propose des formations en sciences physiques, SVT, mathématiques et éducation technologique, avec une place importante accordée à la robotique. Il a évoqué la possibilité d’un rapprochement entre ce réseau et le Robotics for Good Youth Challenge afin d’orienter les meilleurs élèves vers les lycées scientifiques d’excellence.

Une mobilisation de partenaires

L’organisation de cette première édition nationale a mobilisé plusieurs partenaires. FORCE-N, programme de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane soutenu par la Mastercard Foundation, en a assuré la coordination avec le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. La Dakar American University of Science and Technology et l’association ACCEENT ont également contribué à l’encadrement des participants.

Cap sur Genève

Les deux équipes championnes entament désormais une phase de préparation pour la finale mondiale prévue à Genève en juillet. Pour Fatoumata Touré, la finale de Somone n’est qu’une étape. La jeune élève rêve désormais de devenir professeure de sciences afin de transmettre ce qu’elle a appris. Et surtout, d’enseigner la robotique. Celle qu’elle trouvait « vraiment difficile » il y a seulement deux mois.

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