Suite à la publication récente du Financial Times sur le recours du Sénégal aux instruments financiers de type Total Return Swap (TRS), le débat s’est intensifié sur la scène nationale. Ce jeudi, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est monté au créneau pour apporter des clarifications face à la presse.

Un média de référence, mais pas infaillible
D’entrée, le ministre a tenu à nuancer la portée de l հոդված du média britannique : « Le Financial Times est un journal de référence, mais il n’est pas infaillible. Sa crédibilité est réelle, mais cela ne signifie pas que tout ce qu’il publie est automatiquement vrai. »
Selon lui, il convient de distinguer : la réputation du média; l’exactitude de l’information publiée et son exploitation dans le débat politique Il souligne qu’un article peut être « solide, partiel ou discutable dans son cadrage », rappelant que même le Financial Times publie régulièrement des corrections.
Les TRS : un outil de financement stratégique
Revenant sur le fond, Cheikh Diba explique que le recours aux TRS s’inscrit dans une stratégie visant à : attirer des investisseurs internationaux; approfondir le marché financier régional et à financer les besoins de l’État dans de meilleures conditions
Il insiste sur le fait que ces instruments ont permis d’optimiser le coût de la dette publique tout en maîtrisant les risques.
Un gain financier significatif pour l’État
Le ministre met en avant un avantage concret avec un taux estimé sur les eurobonds en 2025 : 11 % à 12 % contre un taux obtenu via les TRS : environ 7 % Ce différentiel de près de 5 points aurait permis au Sénégal de réaliser une économie d’environ 36 milliards de FCFA.
Pas de dette cachée ni de garanties sur les biens publics
Face aux inquiétudes exprimées dans l’opinion, Cheikh Diba a été catégorique : Aucun passif caché; Aucune condition contraignante particulière; Aucun bien de l’État mis en gage. Il précise que les investisseurs restent de simples détenteurs de titres obligataires émis dans le cadre classique du marché des titres publics.
Des instruments déjà utilisés par le Sénégal
Le ministre rappelle enfin que les opérations de type swap ne sont pas nouvelles :
- Utilisation antérieure en 2011, 2015 et 2018
- Objectif : se protéger contre les fluctuations des devises
Ainsi, contrairement aux critiques évoquant une opacité, ces mécanismes s’inscrivent dans une pratique déjà maîtrisée par l’État.
Un débat à clarifier
Pour Cheikh Diba, la controverse actuelle repose en partie sur une interprétation politique d’une analyse financière : « Le débat transforme une analyse prudente en accusation de dette cachée. » Un appel à une lecture plus rigoureuse et dépassionnée des mécanismes financiers, dans un contexte où la gestion de la dette publique reste un enjeu stratégique majeur pour le Sénégal.
