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Saraya : le préfet Babacar Niang alerte sur les dangers de l’orpaillage clandestin et appelle à une meilleure régulation

Dans un entretien accordé à notre rédaction, le préfet du département de Saraya, Babacar Niang, est revenu en détail sur la problématique de l’orpaillage et la recrudescence des cas d’éboulements meurtriers dans la zone. Il a également évoqué les mesures prises par l’administration pour renforcer la sécurité et mieux encadrer le secteur.

Les chiffres avancés sont préoccupants, en 2025, 44 cas d’éboulements ont été enregistrés, causant 54 décès. Depuis le début de l’année 2026, on dénombre déjà 22 victimes. Les zones les plus touchées se situent notamment à Kharakhéna, où coexistent sites légaux et exploitations clandestines.

‎Selon le préfet, l’orpaillage occupe une place centrale dans le département de Saraya, où il structure l’essentiel des activités économiques, sociales et environnementales. Toutefois, cette dépendance s’accompagne de risques importants, notamment liés aux affaissements de puits artisanaux. Babacar Niang insiste sur un constat majeur , la quasi-totalité des éboulements survient dans des sites clandestins. Même dans les périmètres miniers autorisés, comme celui de la société Afrigold, les accidents sont liés à des exploitations illégales.

Le préfet explique que cette situation est aggravée par l’arrêt des activités de la société minière, incapable d’assurer la sécurisation de son périmètre. « Le code minier est clair : la sécurité incombe au promoteur. Mais face à certaines défaillances, l’État a dû intervenir pour des raisons de sécurité publique », précise-t-il.
‎Ainsi, des éléments de la gendarmerie ont été déployés sur les sites les plus sensibles, notamment au niveau des « sites jumeaux », théâtre d’éboulements particulièrement meurtriers par le passé. Depuis la mise en place de ce dispositif sécuritaire, aucun nouvel incident n’y a été enregistré.

‎Malgré ces efforts, les autorités font face à une adaptation constante des orpailleurs clandestins, qui se redéploient vers d’autres zones, souvent la nuit. « Il est impossible de couvrir en permanence un périmètre de 38 km² », reconnaît le préfet, évoquant des patrouilles régulières pour contenir le phénomène.
‎Les derniers accidents signalés dans la zone de Khourou-khoura illustrent cette réalité. Selon lui, ces exploitations illégales sont menées sans aucune mesure de sécurité, contrairement aux sites réguliers où des dispositifs sont généralement mis en place.

Le préfet tient également à clarifier une idée reçue : l’orpaillage n’est pas illégal au Sénégal. Ce qui est interdit, c’est l’exploitation sans permis. Depuis 2013, l’État a engagé un processus de formalisation du secteur, avec notamment l’attribution de couloirs d’orpaillage.
‎En 2015, 19 couloirs ont été définis dans les régions de Tambacounda et Kédougou, dont 12 dans le département de Saraya. Toutefois, certains sites se sont révélés peu rentables, entraînant leur abandon par les orpailleurs.
‎Aujourd’hui, les autorités entendent revoir cette stratégie en procédant à des études préalables pour identifier des zones réellement exploitables. « De nouveaux couloirs seront bientôt attribués, avec un accompagnement renforcé en matière de sécurité », annonce Babacar Niang.

‎ Les sites d’orpaillage de Saraya accueillent des ressortissants de plus de dix nationalités. Le préfet souligne que la main-d’œuvre est majoritairement étrangère et précise que, parmi les 54 décès enregistrés en 2025, aucun ne concernait des Sénégalais.


‎Au-delà de l’aspect économique, l’orpaillage pose désormais un véritable problème de sécurité publique dans le département de Saraya. Entre exploitation clandestine, risques d’accidents et enjeux migratoires, les autorités locales plaident pour une approche globale, alliant régulation, sécurisation et accompagnement des acteurs du secteur.

‎Fily cissokho

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