Le débat autour de la seconde lecture de la loi controversée continue d’alimenter la scène politique et juridique sénégalaise. Dans une déclaration rendue publique, Thierno Bocoum, président de AGIR-Les Leaders, soutient que le président de la République conserve pleinement la possibilité de saisir le Conseil constitutionnel après avoir demandé une seconde lecture du texte.

Selon lui, une lecture combinée des articles 73, 74 et 75 de la Constitution montre que la demande de seconde lecture et la saisine du Conseil constitutionnel constituent deux mécanismes distincts, mais compatibles. Il rappelle que l’article 73 permet au chef de l’État de demander une nouvelle délibération avant promulgation, suspendant ainsi le processus législatif classique et imposant un nouveau vote à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.
Pour Thierno Bocoum, cette disposition n’entraîne toutefois aucune renonciation au pouvoir de saisine prévu par l’article 74. Celui-ci autorise explicitement le président de la République à saisir le Conseil constitutionnel dans les six jours suivant la transmission d’une loi « définitivement adoptée ». Or, explique-t-il, une loi devient précisément définitive après son adoption à l’issue de la seconde lecture, ouvrant ainsi un nouveau délai de saisine.
L’ancien député estime également que l’article 75 conforte cette interprétation en distinguant clairement les deux mécanismes de suspension du délai de promulgation : la seconde délibération parlementaire et le contrôle de constitutionnalité. « Ces mécanismes peuvent parfaitement se succéder », affirme-t-il.
Au-delà de l’analyse juridique, le président de AGIR-Les Leaders considère que le recours au Conseil constitutionnel permettrait de déplacer le débat du terrain politique vers celui du droit. Selon lui, si la volonté du chef de l’État est réellement d’obtenir un éclairage « clair, impartial et définitif » sur les dispositions contestées, la haute juridiction constitutionnelle demeure l’instance appropriée pour trancher.
Par cette sortie, Thierno Bocoum remet ainsi la pression sur le président Bassirou Diomaye Faye, estimant que « la balle est désormais dans son camp ».
