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Garantie financière: « aucune transformation durable ne peut être réalisée sans un secteur privé national fort » (Abdourahmane Sarr)

Le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a présidé, ce lundi 11 mai 2026, à Dakar, la cérémonie d’ouverture de la Conférence internationale sur la Garantie financière.

Dans son allocution, Abdourahmane Sarr a d’emblée déclaré que le sujet de cette conférence dépasse largement la seule question de la garantie financière. Il touche directement à notre capacité collective « à industrialiser nos économies, à financer nos infrastructures stratégiques, à soutenir nos entreprises, à renforcer notre souveraineté économique et à créer davantage de valeur ajoutée sur notre continent ». « Les institutions de garantie africaines doivent évoluer. Elles ne peuvent plus être considérées uniquement comme des instruments techniques d’atténuation du risque bancaire. Elles doivent désormais devenir de véritables instruments de transformation productive, de mobilisation de l’investissement privé et de structuration des économies africaines », a-t-il dit.

En réalité, indique le ministre de l’Economie, le contexte international renforce cette exigence. Selon lui, les tensions géopolitiques, les recompositions des chaînes de valeur mondiales, le durcissement des conditions financières internationales ainsi que les vulnérabilités climatiques obligent désormais les pays africains à renforcer leur résilience économique. Cela suppose, pour lui, « des Etats stratèges, des politiques industrielles cohérentes, des infrastructures de qualité, mais également un secteur privé africain fort, compétitif et mieux financé ».

Ainsi, le ministre Abdourahmane Sarr soutient que la ZLECAf ouvre à cet égard des perspectives historiques. Mais l’intégration commerciale ne suffira pas, à elle seule. Sans capacités productives compétitives, sans financement adapté et sans entreprises locales assez solides, le risque est de voir persister les déséquilibres entre économies africaines. « Nous devons donc bâtir de véritables écosystèmes de financement du développement africain. Cela implique une coopération renforcée entre les fonds nationaux de garantie, les fonds multilatéraux, les banques, les investisseurs institutionnels, les banques de développement, et les acteurs privés », a-t-il affirmé. Ainsi, il signale que l’objectif doit être clair : réduire le coût du capital pour les entreprises africaines, mieux partager le risque et orienter plus de ressources vers l’investissement productif.

Sur ce, il a relevé que le Sénégal accorde une importance particulière à ces enjeux. Dans le cadre de la Vision Sénégal 2050, l’Etat a placé la transformation structurelle de l’économie par une transformation systémique mettant le développement du secteur privé, l’industrialisation et le financement innovant au cœur de ses priorités stratégiques. « Nous croyons qu’aucune transformation durable ne peut être réalisée sans un secteur privé national fort, des institutions financières solides et des mécanismes efficaces de partage du risque. Nous croyons également que l’Afrique doit davantage mobiliser ses propres capacités financières, mutualiser ses instruments et construire progressivement des architectures financières adaptées à ses réalités et à ses ambitions », a-t-il soutenu.

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