À l’approche de la Tabaski 2026, la plateforme Aar Sunu Momel exprime son inquiétude face aux difficultés auxquelles sont confrontés les éleveurs et agriculteurs des régions de Kaffrine et de Thiès. Face à la presse, le président de la plateforme, Bassirou Ba, a dénoncé la recrudescence des vols de bétail dans plusieurs localités du pays. Selon lui, cette situation plonge de nombreuses familles rurales dans le désarroi à quelques semaines de la fête.

« Certains paysans ont vendu leurs récoltes d’arachides pour acheter des moutons destinés à l’engraissement en vue de la Tabaski. Malheureusement, des voleurs de bétail, parfois armés, ont emporté ces animaux », a-t-il déclaré. La plateforme estime que cette insécurité fragilise davantage un monde rural déjà confronté à la cherté de la vie et aux faibles performances de la dernière campagne agricole. Elle appelle ainsi les autorités à renforcer les dispositifs de sécurité dans les zones d’élevage afin de protéger les producteurs et leurs investissements.
Dans sa déclaration, Bassirou Ba a également critiqué l’action des ministères concernés, estimant que les ministres chargés de l’Agriculture et de l’Élevage, Mabouba Diagne, ainsi que du Commerce, Serigne Guèye Diop, n’ont pas pris de mesures suffisamment visibles pour rassurer les populations sur les préparatifs de la Tabaski. La plateforme alerte par ailleurs sur la flambée des prix des aliments de bétail, qui augmente fortement les coûts de production pour les éleveurs. « Beaucoup d’éleveurs peinent aujourd’hui à nourrir correctement leurs troupeaux. Cette situation risque de réduire l’offre de moutons sur le marché à l’approche de la Tabaski », a averti Bassirou Ba.
Dans plusieurs zones rurales, des acteurs de l’élevage confirment déjà les conséquences de cette hausse des prix. Certains disent avoir réduit leurs achats d’aliments pour bétail, une décision qui pourrait affecter le poids et la disponibilité des moutons destinés à la fête. Pour Aar Sunu Momel, cette situation met en évidence les difficultés structurelles du secteur de l’élevage, particulièrement en période de forte demande. La plateforme plaide pour un accompagnement renforcé des acteurs ruraux et une meilleure régulation des intrants agricoles et d’élevage.
À quelques jours de la Tabaski, l’inquiétude grandit chez de nombreux ménages qui redoutent une hausse des prix des moutons sur les marchés, dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreuses familles sénégalaises.
