La Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et pratiques assimilées (DNLT) a frappé un grand coup contre un réseau criminel spécialisé dans l’escroquerie au visa et le faux monnayage. Trois individus ont été déférés au parquet du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar, le 15 mai 2026, pour association de malfaiteurs, escroquerie au visa, faux monnayage et complicité.

L’affaire a été déclenchée à la suite de la plainte d’un ressortissant étranger, le 12 mai 2026. La victime accusait le principal suspect de lui avoir soutiré 4.140.000 FCFA en échange de la promesse d’un visa Schengen pour la France.
Selon les enquêteurs, le réseau avait mis en place un scénario particulièrement bien orchestré autour d’un centre officiel de dépôt de visas à Dakar. Après une première rencontre en Gambie, la victime avait été invitée à se rendre dans la capitale sénégalaise pour finaliser la procédure.

Sur place, un premier complice aurait simulé l’oubli du passeport afin d’interrompre le processus officiel, pendant qu’un second individu conduisait la victime dans un multiservice voisin pour produire un faux récépissé diplomatique à l’aide d’un ordinateur.
Les escrocs ont ensuite convaincu la victime de retourner en Gambie, affirmant disposer d’un contact interne capable d’accélérer l’obtention du visa. Quelques jours plus tard, elle a été rappelée à Dakar où un faux visa apposé sur son passeport lui a été présenté dans un véhicule. Après le paiement du reliquat, soit 2.900.000 FCFA, le principal suspect a finalement annoncé à la victime que son passeport avait été prétendument volé.

Les investigations de la DNLT ont permis l’arrestation du suspect principal. L’exploitation de son téléphone portable a révélé des éléments accablants liés à des activités de faux monnayage à grande échelle.
Les enquêteurs y ont découvert des images et vidéos montrant des valises remplies de liasses de faux billets. Le mis en cause a reconnu l’existence de deux milliards de faux francs CFA appartenant à un ressortissant gambien et destinés à être partagés avec ses complices. Les deux autres suspects ont été rapidement interpellés. L’un d’eux a reconnu avoir remis quatre millions de FCFA pour l’achat de « mercure », présenté comme un produit mystique d’enrichissement, tandis que le second a admis avoir participé au projet criminel après avoir d’abord gardé le silence.

L’analyse technique du téléphone du principal suspect a également permis de mettre au jour une vidéo le montrant manipulant neuf liasses de faux billets de 10.000 dollars, soit un total de 90.000 dollars américains contrefaits. Face aux preuves, le cerveau présumé du réseau a indiqué avoir remis ces devises à un ressortissant étranger actuellement en fuite.
Les recherches se poursuivent afin d’identifier et d’interpeller l’ensemble des personnes impliquées dans cette vaste entreprise criminelle.
