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Sénégal : le Premier ministre Al Amine Lo trace une feuille de route en trois piliers et réaffirme sa loyauté institutionnelle

Le nouveau chef du gouvernement sénégalais, Al Amine Lo, a dévoilé les grandes orientations de son action à la tête de la Primature. Dans une déclaration très attendue, il a structuré son intervention autour de trois axes majeurs : la prise en charge des préoccupations des Sénégalais, l’ancrage du Jub, Jubbal, Jubanti comme principe de gouvernance, et la consolidation de la souveraineté nationale. Il a également insisté sur la loyauté et la cohérence institutionnelle avec le président de la République.

Cette prise de parole marque les premiers contours politiques et administratifs de son mandat, dans un contexte national marqué par de fortes attentes sociales, économiques et institutionnelles.

1. Placer les préoccupations des Sénégalais au cœur de l’action publique

Le premier axe présenté par le Premier ministre repose sur une promesse centrale : remettre les préoccupations quotidiennes des citoyens au centre des politiques publiques.

Dans sa vision, l’action gouvernementale doit être immédiatement perceptible dans la vie des populations. Cela concerne notamment : la lutte contre le chômage, en particulier celui des jeunes diplômés ; la maîtrise du coût de la vie et la stabilisation des prix des denrées de première nécessité ; l’accès équitable aux services sociaux de base (santé, éducation, eau potable) ; l’amélioration de la qualité des infrastructures publiques ; et le renforcement de l’efficacité administrative.

Le Premier ministre a insisté sur une approche fondée sur les résultats, où chaque politique publique devra être évaluée à l’aune de son impact concret sur les ménages. Cette orientation traduit une volonté affichée de rapprocher davantage l’État des citoyens, dans un contexte où les attentes sociales restent particulièrement élevées.

2. Le Jub, Jubbal, Jubanti comme socle de gouvernance

Le deuxième axe s’articule autour du concept de Jub, Jubbal, Jubanti, devenu une référence dans le discours politique et citoyen sénégalais.

Cette expression, profondément ancrée dans les valeurs de rectitude morale et de responsabilité, peut être résumée ainsi :

Jub : être droit, agir avec intégrité ;

Jubbal : corriger les dérives, rétablir la justice et l’équilibre ;

Jubanti : se redresser collectivement et institutionnellement.

Pour le chef du gouvernement, cette philosophie doit désormais guider l’ensemble de l’administration publique. Elle implique : une lutte renforcée contre la corruption et les détournements de deniers publics ; une exigence de transparence dans la gestion des ressources de l’État ; une culture de redevabilité à tous les niveaux de décision et une moralisation de la vie publique.

Au-delà de l’aspect institutionnel, cette orientation vise également à restaurer la confiance entre les citoyens et l’État, considérée comme un élément essentiel de la stabilité démocratique et du développement économique.

3. La souveraineté nationale comme cap stratégique

Le troisième axe mis en avant par le Premier ministre concerne la souveraineté, présentée comme une ambition structurante du nouveau gouvernement. Cette souveraineté est envisagée dans une approche globale, touchant plusieurs dimensions :

Souveraineté économique

Il s’agit de renforcer la capacité du Sénégal à produire, transformer et valoriser ses ressources locales afin de réduire la dépendance aux importations et aux fluctuations extérieures.

Souveraineté énergétique

Le gouvernement entend poursuivre les efforts visant à mieux exploiter les ressources énergétiques nationales et à garantir un accès stable et durable à l’électricité pour les ménages et les entreprises.

Souveraineté alimentaire

L’accent est mis sur l’agriculture et l’agro-industrie, avec pour objectif de tendre vers une autosuffisance alimentaire durable.

Souveraineté institutionnelle et décisionnelle

Enfin, il est question de consolider la capacité de l’État à définir et mettre en œuvre ses propres politiques publiques sans dépendance excessive extérieure.

Dans cette logique, la souveraineté apparaît comme un pilier transversal qui doit structurer les politiques économiques, sociales et diplomatiques du pays.

Une loyauté affirmée et une cohérence institutionnelle revendiquée

Au-delà des orientations programmatiques, le Premier ministre a tenu à réaffirmer sa loyauté au président de la République, soulignant la nécessité d’une parfaite cohérence au sein de l’exécutif.

Il a insisté sur le fait que son action s’inscrit dans le cadre de la vision globale définie par le chef de l’État et validée par les institutions républicaines. Cette posture vise à garantir la stabilité gouvernementale et la continuité de l’action publique.

Le Premier ministre a également appelé à une discipline collective au sein de l’équipe gouvernementale, estimant que les défis actuels exigent une forte coordination et une solidarité sans faille entre les différents départements ministériels.

Une feuille de route sous forte attente sociale

Cette prise de position intervient dans un contexte où les attentes sociales restent particulièrement fortes. Le gouvernement est attendu sur des questions urgentes telles que l’emploi, le pouvoir d’achat, la gouvernance économique et la modernisation de l’administration.

En articulant son action autour de ces trois axes — préoccupations citoyennes, Jub, Jubbal, Jubanti et souveraineté — le nouveau Premier ministre cherche à donner une direction claire et lisible à son mandat.

Reste désormais à transformer ces orientations en politiques publiques concrètes, capables de répondre efficacement aux aspirations des Sénégalais et de traduire la promesse politique en résultats tangibles.

Par imam chroniqueur

Babacar Diop

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