La rupture entre l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye semble désormais assumée et publique. Lors de sa déclaration face à la presse ce mardi, au lendemain de la formation du nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo, le leader de Pastef a pris ses distances avec l’exécutif et avec certains anciens responsables de son parti.

Dans une sortie particulièrement ferme, Ousmane Sonko a affirmé que Pastef ne se reconnaît plus dans la nouvelle équipe gouvernementale. « Aucun ministre de Pastef ne siège dans ce gouvernement. Ceux qui sont restés y sont pour leur propre compte. Pastef a zéro ministre dans ce gouvernement », a-t-il déclaré, actant ainsi une forme de désengagement politique clair.
Des sanctions annoncées contre les responsables restés au gouvernement
Allant plus loin, le président de Pastef a averti les membres du parti ayant choisi de conserver leurs fonctions ministérielles qu’ils devront répondre de leur choix devant les instances internes. « Les ministres qui sont restés subiront les lois du parti », a-t-il prévenu, laissant entendre l’ouverture de procédures disciplinaires.
Cette position marque une volonté de la direction de Pastef de reprendre le contrôle sur sa base militante et de sanctionner les décisions individuelles jugées contraires à la ligne du parti.
Critiques du nouveau gouvernement et de sa légitimité politique
Ousmane Sonko a également contesté la lecture selon laquelle le nouvel exécutif serait un gouvernement technocratique. Selon lui, il s’agit plutôt d’une recomposition politique sans véritable assise populaire.
« Ils parlent de gouvernement technocratique, mais ce n’est qu’une politique d’ouverture », a-t-il estimé, affirmant que l’équipe actuelle manque d’ancrage politique réel.
Dans ses critiques, il remet en cause la capacité du camp présidentiel à mobiliser et à gouverner efficacement. « Ce gouvernement n’a aucune base politique », a-t-il ajouté, estimant que les soutiens du chef de l’État ne disposent pas d’une réelle représentativité.
Attaques sur le poids politique du camp présidentiel
Poursuivant sur le même registre, le leader de Pastef a mis en doute la solidité politique du président Bassirou Diomaye Faye, estimant que son entourage ne dispose pas d’un ancrage territorial suffisant.
« Aucun des compagnons de Diomaye n’a une véritable valeur politique », a-t-il déclaré, allant jusqu’à questionner sa capacité de mobilisation électorale.
Il a également relativisé les chiffres avancés concernant les soutiens du président à travers le pays. « Il n’a même pas trois mairies, même s’ils annoncent 300 », a-t-il ironisé.
Un hommage aux ministres sortants
En dépit de ce ton critique, Ousmane Sonko a tenu à saluer les ministres ayant quitté le gouvernement à la suite de la recomposition de l’exécutif. Il a rendu hommage à leur attitude, qu’il a qualifiée de responsable.
« Aux ministres sortants, je salue leur dignité, leur loyauté et leur amour de la patrie », a-t-il conclu.
