Le ministère de l’éducation nationale a officiellement lancé, ce vendredi 12 juin 2026 à Diamniadio, la campagne nationale de communication de masse du Modèle Harmonisé d’Enseignement bilingue au Sénégal (MOHEBS). Une étape cruciale pour cette réforme systémique qui place les langues nationales au cœur des apprentissages. Momath Talla Gueye, Chef de division communication à la direction de la formation et de la communication, décline la feuille de route de ce grand chantier républicain de cette révolution pédagogique qui se déploie désormais à grande échelle.
Réunis à Diamniadio, les acteurs du système éducatif ont assisté au coup d’envoi de la stratégie globale de sensibilisation autour du MOHEBS. L’objectif est clair : mobiliser l’ensemble de la nation pour acter la refondation de l’école sénégalaise. Pour Momath Talla Gueye, le succès d’une réforme aussi capitale ne peut se faire en vase clos. L’intégration des langues nationales dans les stratégies d’enseignement apprentissage nécessite une adhésion collective et sans faille. « Il est primordial de lancer cette campagne de communication de masse. Toutes les parties prenantes, enseignants, élèves, décideurs, communautés et partenaires, doivent non seulement être informées et sensibilisées, mais elles doivent surtout s’engager à nos côtés pour accompagner ce processus », a-t-il martelé devant les journalistes.
Ce portage, d’abord institutionnel, est vigoureusement mené par le ministre de l’éducation nationale, adossé à la Direction de l’enseignement élémentaire et relayé par l’ensemble des académies du pays. Pour toucher toutes les couches de la population, le ministère déploie l’artillerie lourde. « La campagne occupera le paysage audiovisuel à travers les télévisions et radios nationales, mais fera également la part belle à la proximité. Des supports traduits dans le français et 8 langues nationales seront diffusés via le réseau des radios communautaires pour ancrer la réforme dans les territoires », a-t-il précisé, ajoutant qu’une stratégie digitale incisive viendra connecter la jeunesse et les internautes à ce grand tournant éducatif.
Loin d’être une simple posture politique, Momath Talla Gueye dira que « le MOHEBS s’appuie sur des résultats concrets et scientifiquement prouvés sur le terrain. Si les réticences étaient réelles au démarrage du projet, l’évidence des faits a fini par s’imposer », a-t-il expliqué, défendant que l’élève qui commence son cursus dans sa langue maternelle ou la langue de son milieu comprend plus vite et mieux. Malgré l’enthousiasme et les acquis capitaux, le chemin reste semé d’embûches, au premier rang desquelles figure le financement de la généralisation de la réforme. Le ministère compte d’abord sur le budget souverain de l’État, mais prône une montée en puissance progressive.
Pour pérenniser le MOHEBS, les autorités scolaires misent sur une « participation magnanime » des partenaires techniques et financiers, mais aussi sur une forte implication des forces vives locales. Un plaidoyer agressif est ainsi lancé en direction des collectivités territoriales et des entreprises implantées dans les différentes académies. Selon lui, l’urgence financière s’articule autour de trois priorités absolues : « Doter massivement les classes en manuels scolaires bilingues adaptés ; former solidement le corps enseignant à ces nouvelles pratiques pédagogiques et déployer une communication innovante et incisive pour lever les derniers leviers de résistance au sein des populations » a conclu M. Gueye.
